Etre cohérent

L’actualité politique française de ces 7760054591_liberation-cahuzacderniers mois nous fournit de tristes exemples d’incohérences graves. Comment ne pas être scandalisé quand un ministre du budget, responsable de la lutte contre l’évasion fiscale, finit par avouer détenir des comptes à l’étranger après avoir soutenu le contraire pendant des mois, « les yeux dans les yeux » ? Lire la suite « Etre cohérent »

Des livres pour votre été

pile de livres 3Des livres qui nous ont touchés, rejoints, nourris… Des livres graves ou plus légers, des livres récents ou de tous temps, des livres pour votre été ou pour plus tard… Voici une première sélection proposée par des formateurs PRH. Bonne lecture ! Lire la suite « Des livres pour votre été »

Comment PRH se développe à l’étranger

Une des particularités de l’école de formation PRH est son développement international. PRH est présent sur les cinq continents, dans des pays aux cultures et niveaux de vie très différents.

implantation PRH dans le mondePourtant, depuis l’origine en 1970, le développement de PRH ne repose pas sur une stratégie préconçue. Lire la suite « Comment PRH se développe à l’étranger »

Le cadeau de l’instant présent

C’est une recherche commune à beaucoup de courants spirituels ou de développement personnel : vivre l’instant présent. De fait, cette attitude est précieuse pour vivre une vie de qualité.

Je voudrais l’illustrer par différentes considérations, personnelles ou « piochées » ici et là. J’évoquerai aussi les obstacles que nous pouvons rencontrer dans cette quête de « l’ici et maintenant », et donner quelques pistes qui peuvent aider à progresser. Lire la suite « Le cadeau de l’instant présent »

Des bonnes nouvelles dans l’actualité ?

« Tous mes vœux…  même si les événements mondiaux ne nous donnent pas d’emblée des raisons d’espérer. » Plusieurs des messages de bonne année que j’ai reçus cette année avaient cette tonalité. De fait, l’écoute des informations, ou la lecture d’un journal, ont souvent de quoi nourrir notre pessimisme. On a parfois l’impression que les hommes ne retiennent rien des leçons de l’histoire, et des « plus jamais ça ! » criés par les peuples sortant des griffes de la barbarie. Entre le sordide des faits divers abondamment commentés par la presse, la violence des guerres ou du terrorisme qui font si souvent la « une », les systèmes politiques opprimant des pays entiers, l’inégalité économique croissante régnant sur notre planète, les désastres écologistes et les ambitions politiques qui nivellent souvent vers le bas le débat public, il y a de quoi être révolté, atterré, ou blasé…

Pourtant, les médias véhiculent aussi d’autres messages, moins tonitruants, mais qui ont fait mon émerveillement ces dernières semaines. Je voudrais vous en livrer quelques-uns.

Avez-vous entendu parler du mouvement de partage « incroyables comestibles » ? nourriture à partagerNé au nord de l’Angleterre en 2008, ce mouvement essaime partout en France. L’idée est très simple : cultiver un bout de potager, planter quelques légumes dans un bac devant chez soi, et inviter les passants à profiter gratuitement de la récolte. Le miracle est que cette initiative crée du lien social, et vient rompre la tentation de l’individualisme…

Connaissez-vous le frère Francklin Armand ? «  C’est une petite révolution verte qu’un homme est en train d’accomplir sur le plateau central d’Haïti. Dans cette région aride, il Francklin Armands’est mis en tête de fleurir le désert en faisant pousser, ici et là, des lacs. », nous apprend Ouest-France le 27 janvier. Des dizaines de lacs apparaissent peu à peu, et chacun d’entre eux sort de la misère et de la corvée d’eau des familles entières, qui peuvent cultiver leur terre toute l’année. Aujourd’hui, cet homme emploie deux cent personnes qui utilisent une dizaine de bulldozers pour continuer ces travaux de terrassement. Il a ouvert une école, une clinique. Fait construire des maisons vendues au tiers de leur coût avec des crédits à très long terme…

Bernard Descampiaux attirait notre attention dans ce blog sur un reportage qui se faisait l’écho d’initiatives heureuses et prometteuses. Et l’association « reporters d’espoir » s’est fait une spécialité de recueillir des informations positives.

Il y a quelques années, je n’aurais pas prêté attention à ces « bonnes nouvelles ». Aujourd’hui, elles m’émerveillent, et viennent nourrir ma foi dans l’homme. Il ne s’agit pas pour moi d’un optimisme béat, d’un manque de réalisme, ou d’une quelconque méthode Coué. Mon travail sur moi m’a permis de développer mes potentialités et de mener une vie beaucoup plus conforme à mes valeurs profondes. Et mon travail de formateur PRH me rend témoin d’avancées chez beaucoup d’autres, qui déploient peu à peu leurs qualités profondes. Mon espoir se fonde là : sur « l’humanisation » de nos vies. Tous ces faits divers positifs manifestent ce dont je suis sûr, désormais : la générosité et l’ingéniosité résident au cœur de tout homme, et on peut les faire grandir, tout en diminuant nos réflexes de peur, de violence et d’égocentrisme.

Pour changer, il faut commencer par y croire. Les peurs figent et stérilisent, alors que la foi et l’espérance appellent à la vie. Pour nourrir ces attitudes dynamiques, sortons de ce regard négatif ou blasé que véhicule trop souvent notre société, et contemplons les jeunes pousses qui germent et fleurissent, à l’intérieur de nos vies et dans notre monde. « Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit », me disait un vieil ami quand j’avais 20 ans. Prêtons l’oreille aux murmures d’une humanité qui aime, respecte, prend soin et construit. Elle est là, et nous pouvons y prendre part.

Régis Halgand, formateur agréé PRH

Quand l’abeille s’épuise

Nous avons sûrement tous été témoins de cette abeille qui est entrée par la fenêtre, puis, cherchant à ressortir, se bute sur la vitre du battant demeuré fermé, se bute encore, encore et encore. Vaines tentatives. Perte d’énergie. Insistance dérisoire sur cet obstacle invisible.

On aimerait lui parler, lui dire va un peu vers la droite, juste quelques centimètres, et tu retrouveras toute ta liberté.

Mais non, elle s’obstine, encore et encore.

Parfois on tente, d’un geste de la main, d’une feuille de papier, d’un bout de carton, on cherche à la diriger vers le battant ouvert. Mais rien n’y fait. Elle s’envole plus haut, ou plus bas puis elle vient de nouveau buter contre la vitre.

Parfois nous sommes pareils à l’abeille. On bute contre des obstacles intérieurs qui nous empêchent d’avancer. Des vitres ont été posées au long de notre histoire. On en a même parfois rajouté par nous-mêmes. On ne les voit pas, on ne les voit plus. Et on bute toujours aux mêmes endroits. Comme si c’était une fatalité.

Comme l’abeille, nous ne manquons pas d’énergie, nous en dépensons même parfois beaucoup pour lutter contre l’obstacle plus ou moins visible. On pense que ça va suffire, et puis, ne nous a-t-on pas dit : « quand on veut, on peut ! »

Et puis un jour, espérons-le, on rencontre quelqu’un, une sorte de guide, qui nous dit : « va un peu vers la droite, juste quelques centimètres, et tu retrouveras toute ta liberté. »

Bon, d’accord, c’est quelquefois un peu plus que quelques centimètres…

Ça c’est un peu passé comme ça en ce qui me concerne. Ces « petites questions », qu’on appelle TPA (Travail Personnel d’Analyse), m’ont fait comprendre qu’il y avait un chemin, pour ne pas toujours buter sur les vitres et trouver par où il fallait passer pour prendre son envol.

Bernard Descampiaux, ancien formateur PRH

Vous avez dit : « bonne année ! »

Le mois de janvier se termine… Depuis le 1er jour de l’année, vœux et souhaits de bonheur sont apparus sur des cartes de vœux bien réelles ou virtuelles, dans notre boîte de messagerie, sur nos téléphones portables, tablettes ou autres smartphones… Au passage, saluons le miracle de la technologie qui permet ainsi d’adresser en quelques secondes (et parfois au détriment des relations bien réelles en train de se dérouler) des pensées chaleureuses et des sentiments débordant de générosité.

Que nous reste-t-il de tous ces messages aujourd’hui ? Avons-nous pris le temps de les « recevoir », c’est-à-dire de nous arrêter intérieurement à chacune des personnes qui a pris quelques secondes ou quelques minutes pour nous dire que la réussite de notre année est importante pour elle, et d’accueillir son message en le recevant comme une marque d’attention, de sympathie, d’amour peut-être… ? Bien sûr, certaines manifestations ont eu sans doute un strict caractère de courtoisie ou de politesse et les messages reçus ont pu nous paraître dès lors un peu superficiels…Mais certains messages ont pu nous toucher de manière particulière. Prenons le temps de les savourer et de ressentir à travers eux la qualité du lien qui nous unit à la personne.

Au-delà de tous ces messages reçus, avons-nous pris le temps de nous demander ce que nous souhaitions ardemment pour nous-mêmes au cours de cette année ? Car après tout, ne sommes-nous  pas les mieux placés pour écouter en nous-mêmes les aspirations qui nous sont les plus chères, et surtout probablement pour agir en ce sens ? Car si l’on peut nous encourager à passer une excellente année, on ne peut sûrement pas faire les choses à notre place… je vous propose donc de déplacer quelque peu la traditionnelle formule : « Bonne année ! » pour la transformer en un petit exercice de « bonne santé ! » psychologique :

  • Tout d’abord, prenons le temps de nous arrêter quelques minutes pour nous poser la question : qu’est-ce que je souhaite profondément pour moi cette année ? Autrement dit, à quoi j’aspire qui pourrait me rendre plus heureux, me permettre de donner un peu plus ma mesure et qui aurait du sens pour moi ? Si la réponse ne vient pas tout de suite, ne soyons pas surpris ! Mettons nous au vert quelques heures ou quelques jours, laissons mijoter, la réponse devrait se produire sous forme de sensations fortes ou légères ( l’intensité n’est pas la chose la plus importante) pour peu que nous sachions déchiffrer un peu nos sensations… Si cela ne vient pas du tout, c’est que nous sommes peut-être un peu endormis ou que le déchiffrage de nos sensations n’est pas encore chose aisée. Prenons rendez-vous avec notre formateur PRH préféré pour regarder cela de plus près !
  • Une fois que notre aspiration aura pris forme et que nous l’aurons déchiffrée, nous n’en avons pas encore fini avec elle. Car une aspiration ne nous donne jamais que la direction et l’énergie pour agir… Il faut l’accompagner d’un passage à l’acte. Pour cela, méfions-nous du volontarisme, écoutons plutôt nos intuitions, essayons là encore de ressentir comment nous pouvons incarner cette aspiration en étant réaliste et en tenant compte de toute notre personne. Par exemple, si j’aspire à vivre davantage mes capacités relationnelles alors que j’ai tendance à me replier sur moi-même en ce début d’année, la décision un peu trop volontariste d’appeler la semaine prochaine tous les participants du dernier stage PRH que j’ai suivi, n’est probablement pas la meilleure. Je risquerai d’être déçu ! Par contre, je peux discerner que je peux contacter telle ou telle personne, avec laquelle le lien est davantage engagé…
  • Enfin, pour être sûr de passer à l’action, il est bon de nous demander ce qui pourrait nous empêcher de concrétiser… Quel frein ou quel handicap interne (lié à nos fonctionnements personnels) ou externe (lié au contexte, à la situation) pourrait nous freiner ou nous retenir. S’il n’y en a pas, tant mieux ! Dans le cas contraire, nous pouvons nous demander quels moyens concrets mettre en place pour dépasser l’obstacle. Ainsi, par exemple, si je repère que ma peur de déranger risque de freiner mon désir d’entrer en relation avec X, une des personnes rencontrée à ma dernière session et avec qui j’ai sympathisé, quel moyen pourrait favoriser mon action : prendre un rendez-vous avec mon formateur préféré (toujours le même) pour chercher à comprendre d’où vient cette peur de déranger et lui donner moins de prise, envoyer un mail à cette personne car je suis plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, saisir l’opportunité d’une randonnée organisée dans mon quartier pour inviter cette personne…etc.

Les plus éclairés d’entre vous auront FPM58reconnu dans cette démarche quelques ingrédients de notre mini-outil « Mes invitations intérieures ». Si vous ne le connaissez pas, vous savez à qui le demander ! En attendant, et même si le délai fatidique du 31 janvier est passé, je vous souhaite une excellente année ! Cela tient pour une bonne part à nous-mêmes… ne laissons pas passer une bonne occasion de croissance !

Jean Michel ANOT, formateur agréé PRH

40-55 ans : l’âge charnière. Comment bien le vivre ?

Les années autour de la cinquantaine constituent un moment charnière de l’existence :

  • on arrive au mitan de la vie professionnelle, et se pose, avec acuité parfois, la question d’un changement d’orientation à sa vie.
  • la vie familiale connaît souvent des bouleversements : départ des enfants du foyer, parents vieillissants, ruptures d’équilibre dans le couple, parfois disparitions d’êtres proches…
  • le corps change, les énergies diminuent un peu…
  • l’image associée dans notre société au vieillissement est souvent négative et anxiogène.

Pour ces raisons et bien d’autres, cet âge voit souvent apparaître des questions nouvelles. Des aspirations neuves ou enfouies arrivent à la conscience. Cet âge peut être celui de nouveautés importantes.

Je travaille actuellement à la création d’un module de 2 jours, qui pourrait s’intituler « 40 – 55 ans : l’âge charnière. Comment bien le vivre ? »

Les objectifs de cette formation seraient d’aider les personnes intéressées à :

  • comprendre les évolutions en cours, et ce qu’elles leurs révèlent
  • faire le point sur leur vie
  • choisir des attitudes et moyens pour bien vivre cette étape de leur vie

Si vous êtes concerné(e)s par les questions spécifiques liées à cet âge de la vie, je suis intéressé par votre expérience :

  • quelles sont vos questions, observations, joies ou difficultés… par rapport à cet âge de la vie ?
  • une telle formation est-elle susceptible de vous intéresser ? si oui, quelles seraient vos attentes ?

Merci d’avance pour cet échange avec vous !

Régis Halgand, formateur agréé PRH

Merci pour ceux qui m’ont répondu, sur le blog ou par mail.

Il existe désormais un stage : « Le milieu de la vie : crises ou opportunités ». En savoir plus. 

Comment ça marche, l’analyse PRH ?

A l’occasion de la sortie de la Lettre PRH n°42-43 consacrée à l’analyse de sensations PRH, nous vous proposons ci-dessous un entretien avec Michel Lamarche, principal rédacteur du livre « un chemin d’accès à la vie en profondeur »

  • Quand on analyse ses sensations, est-ce qu’on le fait avec son «  mental » ? Quelle différence avec ce que l’on connaît de soi ?

Les fonctions du mental, c’est de penser, réfléchir, raisonner, déduire, prévoir, interpréter, calculer, imaginer, mémoriser, faire appel à sa mémoire, etc. Ce ne sont pas ces fonctions qui sont sollicitées pour analyser son vécu. L’analyse PRH fait appel à une fonction très spécifique de l’intelligence, celle de nommer avec exactitude ce que l’on crayon-a-la-main-stylo-cahiers-bureau_3263054ressent ici et maintenant et de suivre au plus près le contenu de la sensation pour le décrypter. L’intelligence fonctionne alors en prise directe avec la sensation vivante en cherchant à s’extraire de tout ce que le mental pourrait lui suggérer à propos de la sensation : interprétations, préjugés, idées, diagnostics …

Ce que l’on connaît de soi appartient à notre mémoire et n’est pas forcément relié à une sensation vivante (ce peut être un cliché véhiculé par l’entourage et que l’on s’est approprié ou simplement un souvenir de sensation), ce que l’on ressent appartient à l’expérience immédiate. On ne s’analyse pas à partir de ce que l’on connaît de soi, mais en laissant vivre une sensation présente et en cherchant les mots justes qui la décrivent.

  •  Est-ce que le corps est pris en compte dans l’analyse ?

Pour moi, c’est plus qu’être pris en compte. Le corps est totalement impliqué dans le 2013-02-03 23.40.10travail d’analyse. La sensation à contenu psychologique a toujours une résonance corporelle qui en signe la présence. Tout au long de l’analyse, c’est en maintenant sans cesse son attention sur le vécu du corps que l’on est le plus sûr de suivre sa sensation. Quand il nous arrive de décoller de la sensation, c’est en revenant à ce que l’on ressent physiquement que l’on retrouve la trace de sa sensation. Notre corps nous introduit et nous ramène sans cesse à notre vérité, ses sensations sont indépendantes de notre vouloir. Il est essentiel pour l’analyse.

  •  Analyser son ressenti, ça relève de l’affectivité ? de la sensibilité ?

Analyser son ressenti relève de l’intelligence. Analyser est un acte du moi-je. En revanche, ce qui est analysé (émois, sentiments, sensations …) relève de l’affectivité ou de la sensibilité, mais également de l’être (aspirations profondes, sentiments profonds …).

Ceci dit, il est bien évident que l’intelligence est influencée et parfois conditionnée par l’affectivité ou par la sensibilité, notamment les peurs et les envies. Elle cherche inconsciemment à percevoir ce qui ne va pas trop la déstabiliser, ce qui est agréable à ressentir, elle refoule instinctivement ce qui est désagréable ou douloureux. D’où l’importance d’une vigilance constante quand on s’analyse pour détecter ces mouvements de diversion de sa réalité intérieure et revenir à ce qui est, ce que l’on ressent vraiment.

  • Quelle part a l’être profond de la personne dans le processus de l’analyse ?

L’être profond de la personne a une place fondamentale dans le processus d’analyse. C’est l’aspiration à vivre dans la vérité, à croître, à libérer tout son potentiel qui motive le travail de l’analyse. C’est dans l’être que la personne va puiser les motivations les plus fortes pour affronter le confort immédiat que peuvent apporter l’inconscience, l’indifférenciation, la fuite de soi. Toute la finalité du processus de l’analyse est focalisée sur la conscience et la libération de ce meilleur de nous-même.

  • L’analyse de sensations, c’est un travail solitaire. Et pourtant, l’autre a un rôle, a une place. Pouvez-vous la décrire ?

Nous sommes effectivement seul dans ce face à face intérieur avec la vérité de nos sentiments, de nos sensations, de nos émotions, de nos souffrances. Mais la parole qui surgit peu à peu de l’analyse de nos sensations tire grand profit à s’exprimer à quelqu’un qui écoute avec bienveillance et discernement.  Et ceci, pour trois raisons principales : la première, c’est que le fait d’exprimer à autrui ce que nous mettons en mots provoque de nouvelles prises de conscience dans la continuité de celles amorcées par le travail solitaire ; la seconde, c’est que la personne qui écoute, surtout si elle a une formation à relation d'aidel’écoute, va pouvoir réagir, faire miroir, questionner, pointer l’un ou l’autre mot particulièrement chargé ou discordant, et par là aide aussi à aller plus loin.

Enfin, troisième raison : le regard d’un autre, c’est forcément une perception différente, convergente ou divergente. L’autre n’est pas impliqué comme soi dans les sensations analysées. Cette altérité révèle souvent ce qu’on ne peut soi-même percevoir et enrichit celui qui s’analyse de cet autre angle de vue.

Ainsi, l’autre a un rôle de facilitateur, parfois même de révélateur, un rôle d’ajustement à la réalité et d’approfondissement.

Par ailleurs, l’autre peut être aussi celui ou celle qui analyse également son vécu et qui nous le partage (par exemple au cours d’un stage). Par la recherche humble de sa vérité, l’autre exerce un rôle très stimulant et éclairant pour notre propre travail sur nous-même.

Nouvelles d’Haïti

Jean-André Boissinot séjourne pendant deux mois en Haïti, pour y donner des formations PRH. Voici les nouvelles qu’il envoie pour le blog.

Haïti session
participants au stage « mieux prendre ma place dans les groupes »

Je suis en Haïti depuis un peu plus d’un mois.

J’ai déjà animé plusieurs  formations : pour des couples (la communication), pour des jeunes (Mieux prendre ma place dans mes groupes, Qui suis-je). 2 autres sessions vont suivre.

Si le contenu et la méthode sont les mêmes qu’en France, le vécu partagé est bien différent. Il est fort marqué par la culture, par l’impact de l’histoire, des événements politiques, économiques, atmosphériques sur la construction des personnes. Voici  quelques exemples :

  • quand les besoin premiers (nourriture, toit,…) ne sont pas satisfaits, il est délicat de regarder le besoin d’être reconnu. Et, cependant, reconnaître l’unicité de la personne, l’écouter, faire sentir que ce qu’elle exprime c’est sa vérité… fait pétiller les yeux, esquisser un sourire, suscite un redressement. (Note : le salaire mensuel d’un instituteur est de 70 euros)

    temps d'être pendant un stage
    temps d’être pendant un stage
  • dans ce peuple, les étudiants apprennent en répétant, répétant… et répondent aux questions en récitant le cours. Notre méthode de travail leur est étrange, ils ne sont pas habitués à ce que leur parole personnelle soit appelée. Et cependant, leurs sensations sont belles ; analysées, elles livrent des perles.
  • les relations entre eux portent encore la marque de leur histoire… Par exemple : La valeur du silence est survalorisée, sublimée. Traces de l’esclavage continué ? je le crois.
  • cependant, la générosité, la solidarité sont grandes. Le chant et la danse occupent les temps de pause lors des formations

J’ai conscience de rendre visité à l’identité de ce peuple, d’être passerelle entre nous les français et eux. N’oublions pas que les bateaux partaient de France pour les côtes africaines afin d’emmener des esclaves en Haïti. Intérieurement, je m’incline devant ce que ce peuple a vécu, vit encore.

groupe d'intégration
groupe d’intégration

A partir de l’expérience acquise en France, j’essaie d’apporter ma part pour que PRH-Haïti pose des bases solides en vue de son développement déjà commencé. En 1983, André ROCHAIS nous disait (à mon épouse et moi-même) «En Haïti, PRH couve sous la cendre ». L’heure pointe où  des formatrices haïtiennes prendront le relais. L’une d’elles est déjà arrivée, une autre se prépare.  Des sessions seront animées en créole : grande joie pour ce peuple assoiffé d’une liberté personnelle encore mal connue et d’une communauté de destin frémissante si difficile à lancer tant les intérêts personnels prévalent.

Jean-André Boissinot, formateur agréé PRH