Quand l’abeille s’épuise

Nous avons sûrement tous été témoins de cette abeille abeillequi est entrée par la fenêtre, puis, cherchant à ressortir, se bute sur la vitre du battant demeuré fermé, se bute encore, encore et encore. Vaines tentatives. Perte d’énergie. Insistance dérisoire sur cet obstacle invisible.

On aimerait lui parler, lui dire va un peu vers la droite, juste quelques centimètres, et tu retrouveras toute ta liberté.

Mais non, elle s’obstine, encore et encore.

Parfois on tente, d’un geste de la main, d’une feuille de papier, d’un bout de carton, on cherche à la diriger vers le battant ouvert. Mais rien n’y fait. Elle s’envole plus haut, ou plus bas puis elle vient de nouveau buter contre la vitre.

Parfois nous sommes pareils à l’abeille. On bute contre des obstacles intérieurs qui nous abeille vitre 1empêchent d’avancer. Des vitres ont été posées au long de notre histoire. On en a même parfois rajouté par nous-mêmes. On ne les voit pas, on ne les voit plus. Et on bute toujours aux mêmes endroits. Comme si c’était une fatalité.

Comme l’abeille, nous ne manquons pas d’énergie, nous en dépensons même parfois beaucoup pour lutter contre l’obstacle plus ou moins visible. On pense que ça va suffire, et puis, ne nous a-t-on pas dit : « quand on veut, on peut ! »

Et puis un jour, espérons-le, on rencontre quelqu’un, une sorte de guide, qui nous dit : « va un peu vers la droite, juste quelques centimètres, et tu retrouveras toute ta liberté. »

Bon, d’accord, c’est quelquefois un peu plus que quelques centimètres…abeille 4

Ça c’est un peu passé comme ça en ce qui me concerne. Ces « petites questions », qu’on appelle TPA (Travail Personnel d’Analyse), m’ont fait comprendre qu’il y avait un chemin, pour ne pas toujours buter sur les vitres et trouver par où il fallait passer pour prendre son envol.

Bernard Descampiaux, ancien formateur PRH

3 réflexions sur “ Quand l’abeille s’épuise ”

  1. Merci Bernard pour ce témoignage. La prochaine fois que je verrai une abeille buter sur une vitre, je la regarderai autrement … comme une invitation aussi à regarder ce sur quoi je bute en ce moment, dans ma vie ou dans mon quotidien.

  2. Je me retrouve bien dans cette histoire d’abeille. L’image met en relief nos chemins chaotiques, et surtout les relations importantes qui nous ont permis ou nous permettent de trouver peu à peu le chemin.
    Merci, Bernard.
    Anne

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