Désespérés par l’état du monde ?

Comme je vous comprends, vous qui êtes parfois désespérés par l’état du monde !

Moi aussi, cela m’arrive… On a parfois l’impression que l’humanité n’a rien retenu des leçons de l’Histoire et qu’elle retombe toujours dans les mêmes errements. Qu’il y a un acharnement contre les initiatives de coopération et de solidarité, pour renforcer le règne du chacun pour soi, ou la loi du plus fort. Devant ce qui s’apparente à des régressions, des retours en arrière, ou des signes toujours plus inquiétants de conflictualité, faut-il désespérer, se résigner ou faire l’autruche ?

Ce qui alimente ces moments de désespérance, c’est un phénomène relativement récent à l’échelle de l’histoire de l’humanité, qui s’est accru avec l’avènement de l’internet mobile : nous sommes constamment abreuvés de nouvelles du monde, et surtout des informations les plus alarmantes, celles qui « font le buzz ». Cela nous laisse désemparés, parfois écrasés par notre sentiment d’impuissance. Et de fait, nous ne pouvons pas grand-chose devant les décisions de tel ou tel chef d’Etat ou dirigeant d’entreprise, à l’autre bout du monde. Ou bien devant la manipulation ou l’asservissement dont sont victimes tant de populations sur la planète. Notre impuissance est désespérante.

Pour avancer, il nous faut changer d’échelle. Revenir à notre échelle, celle de notre vie. Alors nous retrouvons notre pouvoir d’agir. Nous avons du pouvoir sur nos actes personnels, nos paroles, ce à quoi nous consacrons notre temps, nos choix d’engagement. Nous n’avons pas le pouvoir de changer le monde entier à nous tout seul, mais nous avons un grand pouvoir pour influencer le monde autour de nous, celui où nous évoluons. Est-ce une goutte d’eau dans la mer ? C’est potentiellement plutôt une étincelle, qui peut allumer un feu bienfaisant autour de soi. Nous avons aussi le pouvoir de choisir, comme électeurs, ceux qui vont agir en fonction de nos valeurs profondes, plutôt qu’en fonction de nos peurs. Nous pouvons nous engager dans des collectifs solidaires, selon nos dons personnels.

Nous ne pouvons pas changer le monde. Mais nous pouvons nous changer, et ainsi contribuer au changement du monde qui nous environne, selon nos capacités.

Et nous pouvons aussi découvrir, au cœur de notre personne, dans notre être, une potentialité étonnante : l’espérance. Elle apparaît et grandit au fur et à mesure de la croissance de l’être. Sans doute est-elle activée par le fait de croître : si c’est possible pour moi de devenir plus vivant et heureux de vivre, c’est possible aussi pour tout être humain ! Comme toutes les réalités de notre être, elle ne s’explique pas ni ne se justifie : elle se reçoit, elle s’accueille, et elle se vit. L’espérance est une énergie positive, une force, qui toujours nous conduit en avant, et nous fait croire en un progrès possible, pour nous-même et pour les autres.

Comme toutes nos réalités d’être, elle se cultive. Notamment par le fait de rencontrer d’autres personnes qui espèrent, s’engagent, développent des solidarités et avancent.

Les sociétés humaines ont progressé parce qu’une petite minorité espérait, et s’engageait. C’est notre responsabilité : cultivons notre espérance.  

Régis Halgand, formateur agrée PRH

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