Le cadeau de l’instant présent

C’est une recherche commune à beaucoup de courants spirituels ou de développement personnel : vivre l’instant présent. De fait, cette attitude est précieuse pour vivre une vie de qualité.

Je voudrais l’illustrer par différentes considérations, personnelles ou « piochées » ici et là. J’évoquerai aussi les obstacles que nous pouvons rencontrer dans cette quête de « l’ici et maintenant », et donner quelques pistes qui peuvent aider à progresser.

Une forme de sagesse

Avez-vous déjà observé un enfant, tout concentré dans son jeu ?  Peut-être avez-vous 14901781-enfant-jouant-des-blocs-de-jouet-isole-sur-fond-blancsecrètement envié « l’entièreté » de son implication ? Plusieurs expressions courantes manifestent la valeur de ces moments où l’on habite l’instant présent : on vit « pleinement », on vit « à fond », on vit « un moment d’éternité ».

Un philosophe, dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom, évoquait lors d’une formation au management, une rencontre très marquante  avec un chef d’entreprise, qui avait fait preuve d’une écoute et d’une attention impressionnantes : « il m’a fait don de présence », disait-il. J’ai retenu cette expression, que je trouve magnifique, car elle manifeste de fait un des plus beaux cadeaux que l’on puisse faire à autrui. A l’inverse, je me souviens d’un entretien professionnel avec un Directeur d’entreprise, qui n’avait cessé tout au long de notre rencontre de zapper d’une préoccupation à l’autre, et je m’étais senti fort peu respecté par ce sautillement permanent de son attention.

Comment caractériser le fait de vivre l’instant présent ? On est alors ouvert à sa profondeur, et ouvert à l’autre. On perçoit une forme de sérénité profonde, de paix goutte_d_eautranquille. On vit une plus grande harmonie intérieure : une présence à sa respiration, à son corps, à sa profondeur. On a du recul par rapport aux mouvements d’humeur de sa sensibilité, et une capacité plus grande d’émerveillement. On porte une attention à l’autre plus grande, on est alors moins envahi par des pensées multiples qui nous distraient de l’autre. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux », dit le renard au Petit Prince. C’est de cette qualité de présence à soi et à l’autre dont il s’agit.

Cette attitude est féconde, car la profondeur de notre personne recèle une capacité de créativité qui ne demande qu’à s’exprimer, pour peu qu’on l’écoute. Et une véritable ouverture à l’autre permet une vraie rencontre, une qualité de relation enrichissante pour les deux personnes.

Quelques obstacles au fait de vivre l’instant présent

Se mettre en présence de soi-même, c’est parfois ressentir un mal-être, ou tout une gamme de sensations qu’on préfère maintenir enfouies. On peut préférer fuir dans l’activisme, la distraction, les compensations diverses, plutôt que de s’intérioriser. On peut à l’inverse se complaire dans des mouvements intérieurs de souffrance ou de colère, de rancune ou de refus : si on tourne en rond dans ces sentiments sans avancer, on se bloque et l’on ne vit plus l’instant présent. On peut également se réfugier dans le monde des idées ou de la rêverie.

Notre éducation ou nos principes peuvent aussi nous pousser à privilégier de manière excessive l’action à la contemplation, la prise de parole à l’écoute, l’extériorité à l’intériorité.

Notre environnement peut également nuire à cette forme d’attention au moment présent. Nous sommes bombardés par les images, les bruits, la publicité… et la multiplication des objets « communicants » peut produire un envahissement à flots continus d’informations non sollicitées, occupant tout notre « temps de cerveau disponible ».

Quelques pistes

Vivre pleinement l’instant présent demande donc de la vigilance, un choix et un entraînement. Il s’agit pour une part d’une rééducation : prendre conscience de ses coccinelle_003fonctionnements qui nuisent à cette attitude, prendre alors du recul, pour se retrouver dans une disponibilité intérieure. Il convient de s’entraîner à vivre des attitudes d’ouverture, de disponibilité, d’écoute… Tout le travail sur la croissance de l’être favorise ce réflexe d’intériorité : c’est, à juste titre, une priorité de la formation PRH. Il peut être nécessaire aussi de gérer son environnement : par exemple, décider de couper à certains moments ses écrans ou téléphones.

Les bénéfices de cette rééducation sont immédiats : dès que l’on est présent à soi et à son environnement, on goûte davantage l’instant, et la vie prend une autre saveur. Soyons gourmands de cette vie-là !

Régis Halgand, formateur agréé PRH

Si vous souhaitez progresser sur ce thème avec PRH

Le stage  Me vivre plus harmonieusement   permet de faire le tour de ses différents fonctionnements, et d’explorer comment vivre de façon harmonieuse. Vous en tirerez des clés très utiles pour vivre davantage le moment présent.

 Quelques citations en guise de post-scriptum

Le psychiatre Christophe André rapporte sur son blog ces propos de Pierre Rabbhi lors d’un colloque : « les humains se demandent souvent s’il existe une vie après la mort. Nous ferions mieux de nous poser la question de la vie que nous sommes en train de mener avant notre mort ! »

Dans son journal personnel, Jean XXIII écrivait en 1962 : « J’insiste sur un principe auquel je ne penserai jamais assez. Je dois faire chaque chose, réciter chaque prière, observer chaque règle comme si je n’avais rien d’autre à faire, comme si le Seigneur m’avait mis au monde uniquement pour bien faire cette action… »

Et voici pour finir un petit poème qui met l’accent sur la double signification du mot « présent » :

Hier est derrière

Demain est un mystère

Aujourd’hui est un cadeau

C’est pourquoi on l’appelle le Présent.

2 réflexions sur “ Le cadeau de l’instant présent ”

  1. On pourrait objecter, de façon générale, que vivre l’instant présent suppose que l’on ne soit pas obligé de prévoir, d’anticiper, de planifier etc toutes choses qui sont malheureusement bien nécessaires. On continuera en disant que la société est organisée, a ses rythmes, ses contraintes, et qu’il ne faut pas être dans l’écoute de soi immédiate pour en tenir compte.
    A un niveau plus profond ou plus fondamental, je dirais que l’instant présent s’oppose à la durée, à la pensée qui, par nature, construit, projette, anticipe etc
    On remarquera d’ailleurs combien les philosophes qui prétendent compter et peser ont de mépris pour cette philosophie de l’instant présent. .
    Toute la question est de pouvoir ou savoir être dans l’attitude adéquate selon les circonstances, le contexte, à moins de se retirer dans un ermitage et d’éliminer la majeure partie des contraintes sociales.

    1. Merci Jean-Louis pour votre réaction, qui m’invite à préciser mon propos. A mon sens, vivre l’instant présent n’est pas antagoniste avec l’anticipation ou la planification. Au contraire, la présence à soi aide à écouter non seulement son côté rationnel, mais aussi ses intuitions profondes. Et ces deux facultés complémentaires dont nous disposons nous aident conjointement à anticiper. Vivre l’instant présent, ce n’est pas oublier le passé ou le futur, ce n’est pas faire fi de son environnement avec ses contraintes, mais c’est être ouvert au maximum à ce qui se passe en soi et autour de soi. Quand je donne l’exemple de cette rencontre professionnelle avec un Directeur qui « zappait » de sujet en sujet sans prendre le temps de m’écouter jusqu’au bout, il était dans une pensée sautillante, instantanée, immédiate, fragmentée, qui empêche la vraie rencontre et la profondeur de pensée, qui nuit à une véritable anticipation et à toute planification. Il ne vivait pas l’instant présent au sens où je l’entends : c’est au contraire cette qualité de présence qui permet à la pensée d’aller au fond des choses, et à la rencontre de porter du fruit, selon moi.
      Vivre l’instant présent, ce n’est pas être dans une instantanéité qui fait passer d’un sujet à l’autre à la vitesse de l’éclair, sans prendre le temps de ressentir et d’approfondir. Vivre l’instant présent demande un choix, une certaine durée, une présence à soi et à ce qu’on ressent, et une ouverture à son environnement immédiat et plus lointain. C’est vivre dans une profondeur, et pas la surface des choses. Telle est mon expérience, et ce qui fait la valeur à mes yeux de cette attitude.
      Bien cordialement
      Régis Halgand

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