La quête du bonheur

C’est sans doute une quête commune à tous les êtres humains : chercher à être heureux. Quoi de plus légitime que de rechercher cela ? Mais il existe des pièges. En voici quelques-uns.

Le premier piège, c’est de se tromper de cible. On confond facilement bonheur et bien-être. Si l’on cherche avant tout à se protéger de la souffrance, on risque de se protéger des autres, et de soi-même, on risque de vivre à moitié, ou pas du tout. Si l’on recherche avant tout le plaisir sensible, on risque d’avoir une attitude égocentrée, et d’oublier d’aimer, et de s’ouvrir à la relation… Il semble bien que la croissance n’aille pas sans souffrance, comme une naissance. Choisit-on le bien-être sans souffrance, mais avec peu de vie ? Ou choisit-on le grand vent de l’aventure de la vie, avec ses risques et ses égratignures ?

Un autre piège, dans la quête du bonheur, c’est de le rechercher pour lui-même. Or, le bonheur ne se saisit pas. Il ne se prend pas. Il s’accueille. Il se reçoit. Le bonheur est une alchimie, la composante subtile de plusieurs ingrédients. Le bonheur n’est pas une fin en soi. Il est la cerise sur le gâteau de la vie. Il est un sentiment qui s’accueille et se goûte, comme il se présente. A quel moment ? Christiane Singer, dans N’oublie pas les chevaux écumant du passé (Albin Michel), répond ainsi : « la bonne heure est chaque heure et que d’aucune heure on ne peut dire qu’elle n’est pas la bonne… Ainsi, aujourd’hui où la mélancolie me tient depuis l’aube, je sais que je vis un(e) bon(ne) heur(e) de mélancolie. Comme je pourrais vire vivre aussi un(e) bon(ne) heur(e) d’agrément ou même un(e) bon(ne) heur(e) de maladie ou de deuil. C’est un(e) bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. »

Le bonheur vient de l’intensité avec laquelle on vit l’instant présent. Il vient de la qualité de nos choix. Il vient de la fidélité à soi, dans les petites choses comme dans les grandes. Il vient de notre ouverture à l’autre, et aux cadeaux que la vie nous fait. Il vient de notre croissance.

C’est un ensemble d’attitudes et de choix qui vont nous rendre heureux. C’est notre rapport à la vie, au monde, aux autres, qui va contribuer à notre bonheur profond.

Prenons le risque de la vie ! Le risque d’oser, de nous lancer, de nous tromper, de recommencer… Le risque de l’authenticité, de la fidélité à soi, le risque de sortir de notre zone de confort et de sécurité…

Nous quitterons le confort de nos habitudes, de nos sécurités et de notre passivité. Et nous gagnerons le bonheur d’être acteurs de nos vies, et d’évoluer.

Régis Halgand, formateur agréé PRH

PS : si vous souhaitez progresser ces attitudes qui contribuent au bonheur, une nouvelle formation peut vous aider : « acteur de mon bonheur ». En savoir plus

15 réflexions sur « La quête du bonheur »

  1. Merci beaucoup pour cette très belle clarification par rapport au bonheur; je suis grandement encouragée à aller de l’avant dans la prise de risque en fidélité à qui je suis …

    1. Je suis heureux que ce texte vous encourage à aller de l’avant en fidélité à vous-même. Allez-y, c’est le chemin du bonheur ! Régis

  2. Je me doutais que ce texte était de toi ,Régis,avant d’avoir vu ta signature!Il est superbe!
    Réaction spontanée aussitôt la première lecture!Merci.Roseline Dieudonné

    1. Merci pour votre envoi. Les événements difficiles de l’existence provoquent un découragement, mais la force de la vie en nous est forte. Mon texte invite à ne pas se décourager à cause de la souffrance, mais à choisir la vie. C’est ce que je vous souhaite de tout coeur. Régis

  3. Votre essai sur la quête du bonheur ,Régis, ravive notre goût à réfléchir à cette recherche à être heureux .Merci !

    Après déjà un long chemin de vie ,pour moi ,honorer et respecter cette vie qui m’est offerte va dans le sens d’un bonheur à construire.

    Dans votre article,vous utilisez le mot ‘pièges. Personnellement ,je ne pense pas que se protéger de la souffrance soit une fausse route vers le bonheur.Mon expérience de vie me montre que « me protéger de la souffrance « quand elle surgit,qu’elle est bien là,que je la ressens,m’en protéger, c’est ,tout en la regardant bien en face,ne pas m’engluer dans sa noirceur mais au contraire » me battre » en cherchant à utiliser toutes mes ressources en moi pour donner sens à mon existence, quoi qu’il arrive…C’est un combat …à recommencer sans cesse…
    Se faire du bien ,chercher du bien être, au moins quelques instants chaque jour,c’est vital dans cette recherche à être heureux. Cela adoucit notre être, l’apaise et ravive notre joie de vivre intérieure et nous fait retoucher à l’Espérance. ..quand elle nous semble bien fragile!

    J’aime bien ces mots que vous utilisez ,Régis:
    « Choisir le grand vent de l’aventure de la vie avec ces risques et ces égratignures  » je me sens vibrer en les lisant !En effet ,tant que je me sens actrice de ma vie ,je me sens en mouvement ,J’AVANCE dans ma recherche de sens…

    Françoise

    1. Merci Françoise pour votre longue réponse, et des justes nuances que vous cherchez à apporter à mon propos. Mon expression manquait peut-être de nuance : nos protections contre la souffrance nous sont indispensables, on peut leur dire merci… à condition de ne pas rester toute sa vie à se protéger indéfiniment. C’est comme une porte que l’on a dû fermer pour se protéger contre l’insupportable. Si jamais elle ne s’ouvre, l’air frais qui renouvelle jamais n’entrera… Je ne cherchais pas non plus à critiquer la recherche du bien-être en lui-même, mais juste à mettre en garde contre le fait que sa recherche exclusive peut provoquer un repli sur soi dommageable. L’important, comme vous en témoignez, est d’être acteur, actrice de sa vie. Chercheur, chercheuse, à l’écoute de sa conscience profonde.
      Bien cordialement
      Régis

  4. J’aurai préféré qu’on me présente en premier les élans qui nous conduisent vers la quête du bonheur et ensuite nous présenter ‘ les pièges ‘ qui s’enlisent sur ce chemin.
    Que l’ordre soit inversé n’enlève rien au ‘ sérieux’ de l’article mais perd un peu son enthousiasme dans sa lecture.
    Merci Régis

  5. J’aime beaucoup la phrase :  » Le bonheur vient de l’intensité à laquelle, on vit l’instant présent » Elle me semble juste et vraie.
    Pour ma part le bonheur est en lien, avec la capacité de dénouer ou d’éclaicir ses propres zones d’ombre … L’analyse PRH ça marche … et est aidante …

    1. Merci Jean-François. Je confirme : l’analyse PRH est aidante pour clarifier ce qu’on vit. Si bien que nous pouvons être plus présents à nous-mêmes, plus conscients. Et cela contribue à vivre le bonheur de l’instant présent.

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