Gérer mon insécurité

Avant-hier, je vous invitais à accueillir l’inédit de votre être face à  l’inédit de la situation de confinement à laquelle nous sommes confrontés. Je vous transmets aujourd’hui le témoignage de Nadine, qui a bien voulu prendre sa plume pour vous partager comment elle s’y prend, de manière neuve  pour  gérer son insécurité et son anxiété :

« Aussitôt que les annonces ont commencé à être faites sur le Covid19, la peur, l’anxiété sont venues envahir mon monde intérieur. La boule au ventre. La peur panique de tomber malade (je fais partie des personnes à risque) ou de manquer de nourriture. Peurs viscérales. Mon moi-je est incapable alors de juguler cette vague de fond… tous les bons raisonnements ne tiennent pas. Rejoindre mon être, alors que ma sensibilité se terre, peine perdue… Je n’arrive pas, seule, à faire la part du réel et de la dramatisation.

Je décide alors de me mettre en relation avec mon médecin, pour voir avec lui les consignes à suivre. Je lui décris mon état physique. Il me conseille et m’assure que je peux l’appeler s’il y a le moindre problème. Je commence à reprendre pied. Je ne suis plus seule.

Étant seule chez moi, j’ai décidé de me mettre en relation avec mon voisin de palier, en faisant taire en moi le « tu vas le déranger ». J’ai eu un très bon accueil. Je sais maintenant que lui aussi je peux l’appeler, si j’ai besoin de courses il s’en chargera et une autre voisine me l’a proposé aussi.

J’ai bien conscience que derrière mon hyper-anxiété il y a une histoire à creuser. Mais dans un premier temps j’ai à gérer ce qui va me permettre de revenir en moi sur du solide. J’ai fait confiance à ses invitations de me mettre en relation et cela a été efficace. Après avoir subie, je redeviens actrice de ma vie.

Cela m’invite de continuer à être à l’écoute, même dans la tourmente, au petit pas qui se présente à moi : me mettre en relation, faire quelque chose qui a du sens pour moi ou qui va venir apaiser ma sensibilité. »

Et vous… A quels petits pas vous sentez-vous invité.e pour gérer vos peurs devant cette situation ?

Sylvie Grolleau, formatrice agréée PRH

12 commentaires sur « Gérer mon insécurité »

  1. Bonjour à tous,
    Moi un des premiers petits pas que j’ai fait c’est de gérer les informations que je reçois. Après avoir cherché à m’informer à tout prix, à être sur les réseaux sociaux, à lire les messages envoyés, j’ai finalement décidé de désactiver mon compte facebook, de supprimer systématiquement les messages « soit disant informatif » reçus avant même de les lire et à ne m’informer qu’une fois par jour ou tous les deux jours sur le site du gouvernement et en regardant les allocutions officielles.
    J’ai été beaucoup trop envahie par toutes les informations, souvent fausses et je suis déjà mieux comme ça 🙂
    Bon courage à chacun pour vivre en ces temps incertains.

  2. Merci Nadine pour ton témoignage. L’insécurité que je vis c’est après il faudra tout rattraper dans l’urgence et comment je vais faire ? Alors j’essaie de revenir au présent et de me dire quinze jours et après je n’y pense pas. Le jardin a bêcher est un bon remède pour moi car la terre c’est solide dans l’incertitude et les fleurs poussent c’est être en contact avec de la vie . Le télé travail est stressant vu mon faible niveau d’informatique mais des solutions se font jour en en parlant avec d’autres. Le téléphone et whattsap sont de merveilleuses inventions. Déjà rester en lien avec les gens notamment isolés ça occupe. Sinon je cours après les souris car mon chat est tellement contente que je sois à la maison qu’elle me gâte ! Et ça fait faire du ménage dans les recoins !

  3. Merci Sylvie pour ton partage, merci Perrine également.
    De mon coté, je ressens également comment, par moments, la peur peut-être là. C’est moins la peur de la maladie (car j’ai le sentiment d’avoir un bon système immunitaire et que j’habite dans la montagne), que la peur de ce que vont pouvoir faire émerger ces semaines sans activité professionnelle, avec moins de connexion avec le monde extérieur, moins déplacements habituels liés à mon travail, au fait d’aller faire des courses, de rencontrer des amis…
    Je ressens que la principale façon de rencontrer ces inconnus et ces peurs est pour moi de poser des actes – même de tout petits actes – qui viennent de mon être profond, qui m’ancrent dans l’être profond et me permettent de me dresser et d’exister à partir de cette dimension.
    En ce qui me concerne, je sens que cela trouve sa place beaucoup au travers d’actes qui viennent du coeur et qui permettent de vivre la rencontre et la générosité. Cela a été par exemple de proposer à certains de mes voisins de faire les courses pour eux lorsque je suis allé au village hier.
    Il y a également un appel profond et fort pour proposer régulièrement au travers d’internet de se retrouver avec des personnes qui ont participé ces dernières années à des cycles d’apprentissage de la méditation de pleine conscience que j’ai pu animer. Dans ces temps de rencontre virtuelle, je souhaite guider des méditations qui seront suivies de temps de partage et d’écoute profonde autour de l’expérience vécue avec la méditation. J’ai récemment découvert un outil internet gratuit qui s’appelle « Zoom », qui permet simplement d’organiser des réunions virtuelles : le visage de tous les participants apparait à l’écran et chacun peut s’exprimer et être entendu. Je sens que cette proposition peut aider des personnes isolées à se reconnecter à des ressources profondes, notamment de sérénité, avec la méditation. Elle permet également de tisser du lien authentique, de la parole bienveillante et de l’écoute profonde autour de la méditation plutôt que de laisser s’installer l’isolement et la peur.
    Quand je me mets en mouvement pour organiser cette proposition, je sens un grand sourire et de la force à l’intérieur.
    Il me semble que c’est surtout ce mouvement de tendre la main vers l’extérieur pour du partage qui me nourrit. J’ai ainsi été très touché par l’image de Sylvie osant braver ses appréhensions pour aller sonner chez son voisin et partager autour de son sentiment de vulnérabilité.

  4. Gérer mes exces de colère face à ma fils quand je lui fais l’école surtout face à ce confinement. J’essaye de colorier en même temps, ça me détend.

  5. La peur qui est la mienne est que le confinement dans mes 50 m2 accentue ma propension à l’ankylose et à l’isolement. J’ai donc installé mon matériel de yoga pour me mettre à la pratique, ce que je ne faisais pas en-dehors des séances collectives. Et je téléphone plus souvent aux personnes que je sais isolées et/ou particulièrement fragiles. Et puis, je profite de ce temps d’inactivité pour analyser des peurs non liées au covid19 et que je laissais « mariner » en moi..
    Cet épisode me booste paradoxalement pour sortir de mon isolement.
    Merci à toi, Sylvie, de nous faire part de ton expérience. Tu me stimules.

  6. Je pense qu’en cette période d’isolement forcé, il faut d’abord garder un horaire normal durant la journée : se lever comme d’habitude le matin, garder les horaires des repas, ne pas se coucher tard. Ensuite, avoir aussi des occupations que j’appelle « actives » en opposition à d’autres que j’appelle « passives ». Je m’explique. Je considère que lire, regarder la télé sont des occupations passives : on reçoit, on réagit intérieurement, c’est tout. Par contre, écrire un texte comme celui-ci, est une occupation active : il faut réfléchir à ce qu’on dit, à la manière de le dire. Durant les semaines de confinement à venir, pour rester actif, on peut entreprendre des travaux de longue haleine. Par exemple, si on a entassé dans des cartons, des souvenirs de famille, des lettres, des photos, c’est le moment de les ressortir, de les revoir, de les trier, d’en faire des albums, peut-être même d’écrire l’histoire de la famille. On peut aussi faire une recherche généalogique.
    J’ai une passion pour le développement de programmes en informatique. En ce moment, à 85 ans, je cherche encore à en créer sur mon smartphone. J’en découvre son fonctionnement interne. Par bonheur, on trouve sur Internet un tas de renseignements. On peut ainsi satisfaire un hobby, sur la production de vidéos par exemple, ou s’exercer à utiliser ses dix doigts pour taper sur le clavier (des cours existent sur Internet). On peut encore se perfectionner dans une langue étrangère. A chacun de rechercher une occupation prenante suivant ses goûts.
    En conclusion, il faut vivre ce moment comme les moines, eux aussi retirés : ils suivent un horaire journalier précis et ont des occupations de prière et de travail bien prenantes.

  7. Ma vie ne s’est pas arrêtée, ni ralentie. Elle est « au repos » comme la terre mise en jachère. Je savoure et goûte ce repos, me reposer dans ma « terre intérieure ». Pour aujourd’hui, cela me convient de « rester chez moi », on verra la suite. J’ai une pensée pour tous ceux qui ont du mal à « être chez eux » et qui vont apprendre pas à pas …

  8. Pour l’aujourd’hui, je sens en moi une grande sérénité. Auxiliaire de vie, je continue à travailler. Je prends toutes les précautions possibles pour ne pas être contaminée afin de ne pas contaminer les deux personnes chez qui je peux encore aller.
    L’anxiété que je sens sourdre concerne l’après. Et je dois lutter contre mon imagination fertile qui part dans tous les sens. L’après sera forcément autre que tout ce qu’elle peut bâtir. Alors je reste aussi attentive que je le peux pour demeurer dans le réel, dans aujourd’hui. Le travail m’y aide. Prendre des nouvelles des proches, de ma nièce médecin qui se trouve dans l’œil du cyclone près de Strasbourg, … Étant à la campagne, je peux aller me promener dans les bois. Bains de vie! Je ressens en moi que ce temps de confinement est un bienfait pour la Terre. Notre retrait lui permet de se déstresser. Être à son écoute m’ancre au présent. Demain est un autre jour…

  9. Merci Nadine pour ton partage et autres qui ont partagé.
    Merci Sylvie pour ce travail d’analyse que tu nous as offert à le faire.
    En ce qui me concerne pour accepter et gérer cette circonstance non prévue et imposée à soi je l’ai niée et j’ai continué à fonctionner comme d’habitude. La peur ne me laissait pas croire et à être disciplinée, je banalisais , je niais même la dangerosité de l’épidémie.
    Après je me suis ressaisie et dépassée ma peur, j’ai pu accueillir ce réel et l’accepter.
    Aujourd’hui je me sens invitée encore plus à affronter le réel qui me fait peur, à être plus ouverte et confiante aux dires dès le début ne pas le nier d’emblée ou le banaliser.
    Aussi accepter les événements et circonstances qui nous dépassent et en tenir compte. Aussi je me sens à accepter encore plus ce qui est en moi et me dépasse.

  10. Ce temps de confinement m’apprend
    à lâcher-prise,
    à écouter mon rythme,
    à contempler la vie à travers de belles images,
    et à méditer.

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