Arrêtons de nous en vouloir de nos émotions négatives !

 

En ce jour de rentrée scolaire, après le départ de mes enfants à l’école, j’ai moi aussi pris une bonne résolution : j’ai décidé de ne plus m’en vouloir de ressentir des émotions négatives. Oui, la rentrée me stresse, j’appréhende tout ce que mon mari et moi allons devoir gérer en plus de notre travail : cadrer les devoirs, le respect des règles à la maison, gérer les écrans, sans parler de toutes les tâches ménagères et de la gestion de l’emploi du temps familial. Et oui, je ressens de l’appréhension devant toutes ces contraintes à venir. Et ma première réaction, c’est d’en ajouter une couche « Pourquoi ne suis-je pas zen ? » Je commence à m’en vouloir de ne pas prendre assez de recul et ne pas parvenir à rester sereine. Et là, mon élan de vie se réveille et me dit « stop ! » Non, je ne suis pas parfaite, je suis un être humain comme les autres, toute formatrice PRH que je suis… et oui, je suis stressée par la rentrée !

Reconnaître et accepter mon stress créée tout de suite un soulagement intérieur. Je n’ai plus à gérer mon jugement négatif sur moi mais seulement mon stress, et cela m’aide déjà à prendre du recul.

Stress cette fois, mais aussi peurs, agressivité, tristesse, angoisse, ou même violence et accès de haine : les sensations négatives qui nous envahissent sont inconfortables. Notre réaction première, instinctive, est de les minimiser, voire de les refouler. Et quand malgré tous nos efforts elles persistent, c’est un sentiment de honte qui peut nous envahir. Voire un jugement implacable. Chez moi, cela prend souvent la forme de : « Comment une formatrice PRH peut-elle ressentir cela ? »

Pourtant, ce n’est pas nous qui choisissons nos sensations négatives. Elles sont, c’est tout. Elles surviennent malgré nous, par un processus souvent inconscient qui est hors de notre maîtrise. En deux mots : nous ne sommes pas responsables de nos sensations.

En revanche, nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Nous sommes responsables des actes qui découlent de ces sensations. Je ne suis pas responsable d’être tellement agacée par mon fils que j’ai envie de le jeter par la fenêtre. Mais je ne vais pas passer à l’acte. J’accueille mon exaspération avec lucidité : mieux vaut que je quitte la pièce car je suis vraiment à bout. Puis, à partir de mon goût de la vérité, je peux regarder mon état intérieur et chercher à comprendre ce qui m’a mise dans cet état. J’avais peu dormi et je sais que la fatigue me rend vulnérable, ou bien mon fils, par son comportement, a appuyé là où je suis blessée, déclenchant une belle réaction disproportionnée et répétitive (RDR). Je sais donc ce qu’il me reste à faire pour avancer…

Accueillir ses sentiments négatifs avec humilité, avec douceur et bienveillance, cela fait une sacrée différence. Au lieu d’en rajouter, cela allège notre peine. Cela enlève la culpabilité qui, loin de nous aider, a un effet contreproductif assuré. La culpabilité, c’est stérile et paralysant. Accueillir ses sentiments négatifs nous permet de regarder les choses en face, avec simplicité. J’ai envie de dire aussi : cela nous redonne notre dignité, notre responsabilité d’humain qui veut donner le meilleur de lui. Oui, c’est bien ma dignité que je retrouve quand j’accepte de m’accueillir simplement. La dignité intrinsèque à chaque personne humaine, même imparfaite, inachevée, faillible. J’ai le droit de trébucher, de déraper, et cela ne fait pas de moi un sous-homme.

Et ce qui m’étonne encore, c’est que c’est quand j’accepte simplement mes ratés que je retrouve mon élan pour progresser. Alors que la culpabilité me fait me sentir misérable, me donne envie de me terrer dans un trou, l’acceptation ouvre en moi une envie humble et simple de comprendre ce qui m’a fait trébucher pour faire mieux la prochaine fois.

Marie-Pierre Ledru, formatrice agréée PRH

9 réflexions sur « Arrêtons de nous en vouloir de nos émotions négatives ! »

  1. Merci Marie-Pierre pour ton témoignage qui me rejoint dans mon vécu.
    Oui m’accueillir dans tous mes ressentis et plus particulièrement dans mes ressentis douloureux me procure une paix profonde …Long travail de chemin de réconciliation avec soi, chemin qui porte de beaux fruits pour soi et les autres …

  2. Oui, je ressens de la justesse quand tu nous partages, Marie-Pierre, que « c’est bien ma dignité que je retrouve quand j’accepte de m’accueillir dans mes sentiments négatifs « , et en plus comme tu le dis si bien  » j’y gagne ainsi, car je retrouve mon élan pour progresser dans ma croissance » Merci !

  3. Je fais partie de celles et ceux qui cherchent à lutter contre mes émotions négatives. Quelle dépense d’énergie cela me coûte !!!

    Alors que, oui : pourquoi ne pas tout simplement les accueillir, et m’accueillir comme cela ? Plutôt que de les nier, les combattre, s’en culpabiliser : dysfonctionnements que j’aurai d’ailleurs à analyser…

    Etre humaine, humain.
    Bienveillante, bienveillant,
    Vraie, vrai envers soi-même.

    Merci Marie-Pierre de nous remettre sur la route de la vérité avec et envers soi-même. VG

  4. Grand merci Marie-Pierre pour cette simplicité! Je viens de faire mon bilan de mi-parcours d’année de FPM et j’ai vu le chemin parcouru dans mon acceptation des sensations négatives qui me dérangent parfois tant. Je sais qu’il en reste encore à parcourir, que sans doute ce ne sera jamais fini… Mais je rejoins fortement cette sensation: quand j’accepte humblement de n’en être ‘que’ là, alors l’énergie intérieure me reprend de façon extraordinaire. Quand je ne porte pas de jugement (il me faut souvent un peu de temps!), alors la route devient à nouveau possible, un verrou saute. Et ma détermination est renforcée.

  5. Qualifier des émotions de « négatives », n’est-ce pas déjà les juger ?
    Je dirais plutôt qu’elles sont désagréables … ou agréables, mais toutes constructives pour peu qu’on les considèrent comme les indicateurs d’une insatisfaction de besoins (dont nous n’avons peut-être pas encore pris le temps de prendre conscience). C’est là leur fonction nous dit la Communication Non Violente. Donc effectivement, il n’y a pas à s’en vouloir et encore moins à leur en vouloir mais à les écouter pour nous relier au besoin dont elle sont la manifestation moteur et, (pourquoi pas ?) les remercier de s’en faire les messagères.
    Bien Cordialement,

  6. Que nos sensations douloureuses peuvent être encombrantes !!! j’ai essayé de les mettre de côté mais mon titillement intérieur ne me lâche pas tant que j’y regarde pas de plus près. Alors je décide de me « coltiner  » ce douloureux . je prends le temps, je creuse un peu. Je fais une pause et je redémarre. C’est long, douloureux. Mais la chercheuse que je suis ne lâche pas et quand je sens que la lumière de la vie est perceptible j’accueille encore mieux cette sensation qui veut me dire quelque chose. accueil et humilité font bon ménage à ce moment ^récis et les découvertes sont riches et pour plus de vie. Merci MArie-Pierre …

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