Sur le quai … !

Je suis sur un quai de gare, lieu impersonnel et glacial ; je me sens comme étrangère, hors du temps et de l’espace ! Où je suis n’a plus de sens, tous les quais sont les mêmes ! Où je vais n’a pas, pour l’instant de consistance, je suis entre deux, comme en errance !

 

 

Tout autour de moi des silhouettes passent, pressées ou nonchalantes, tristes, sombres, ballotées, emportées, avalées par la grisaille, les arrivées et départs des trains. Ces trains, machines qui grincent, crissent, crachent. Les hauts parleurs crient des messages qui me sont incompréhensibles, voire menaçants, me jetant parfois dans l’interrogation et la crainte.

 

Je me recentre à l’intérieur de moi. Lentement je me retrouve, je redeviens une personne de chair et de sang, je sens la vie circuler. Je peux alors regarder, oser poser mon regard sur ce et ceux qui m’entourent, respirer ! Je me surprends à sourire ! Je suis vivante et les autres aussi vivent ! Ces silhouettes sont des êtres humains comme moi qui attendent, qui espèrent, qui passent, qui vont !

Soudain je sens la curiosité qui m’emporte : qui est cette femme, cet homme ? Où va-t-il ? Qui rejoint-il ? Qu’est-ce qui l’habite ? Et je me surprends à ressentir de l’intérêt, de l’affection même. C’est la pâte humaine que je contemple, sa diversité, sa beauté, sa fragilité au-delà de ce que je vois, au-delà de ce que je sens et ressens, au-delà des clichés.

 

 

 

Et je suis envahie de gratitude pour cette humanité en mouvement !

 Et vous : que ressentez-vous sur un quai de gare, ou en croisant des hommes et des femmes dans la rue ?

Annick Vauquelin, formatrice agréée PRH

 

 

 

6 réflexions sur « Sur le quai … ! »

  1. Je peux voir le monde comme une fourmilière, agitée de particules informes allant en tous sens, sans aucune cohérence. Mais, si je décide d’être « autrement » que spectatrice de ce tableau désolant, je me concentre et me recentre sur qui-je-suis. J’entre chez-moi. Je mets mes lunettes-de-vérité. Je sors de l’agitation extérieure par laquelle je me laissais contaminer et qui, en fin de compte, m’anesthésiait, et mon regard devient tout autre. Il se pose sur des points précis : des objets publicitaires, des silhouettes, des visages. Je sens monter en moi de la curiosité sur le sens de tout cela. Plus que de la curiosité : de l’intérêt pour ce monde dont je fais partie. Tous ces êtres que je croise, sans les connaître, deviennent des sujets de mon interrogation : Qui sont-ils ? Où vont-ils ? Qu’expriment leur visage, leur regard ? J’aimerais en savoir plus sur leur mystère. Mais ne suis-je pas moi-même un mystère pour eux ? Alors monte en moi un souffle de sympathie envers ces êtres que je sens pétris de la même pâte que moi, chacun porteur de son secret, et allant le diffuser en courant, en flânant, en riant, en pleurant, en rêvant…

  2. Merci Annick pour cette mélodie qui monte doucement et qui se vit et vibre quand je suis connectée à moi.Oui la vie est belle et elle m’appelle

  3. Personnellement , j’adore les gares. Même attendre un train ne me coûte pas. Du coup, je me demande qu’est-ce que je vis dans ces moments là ? J’aime regarder les gens qui vont et viennent, qui se séparent, qui se retrouvent, qui attendent avec patience, avec impatience, comment ils sont avec les enfants… Une fois, j’étais triste pour une dame qui même en courant à rater son train. J’adore lorsque quelqu’un se met au piano et les réactions des personnes autour. En fait, j’observe les personnes, les comportements, cette foule là ne me dérange pas, j’en fais partie. Je ne me sens pas étrangère à tous ces mouvements et à toutes ces personnes, je fais partie de cette foule d’anonymes.

  4. Poser ce regard sur toutes ces personnes qui vont et viennent, arrivent, partent, attendent, s’embrassent, s’énervent, pleurent, rient, courent, font de la musique, se quittent, se retrouvent…

    Cela me rend proche de cette humanité, de ce monde,
    et de mon humanité, de ma « Terre Profonde ».

    Merci Annick; pour ce voyage. VG

  5. J’ai envie de vous partager ce qui se vivait en moi ce matin,
    en résonance ton article Annick :

    et si, je m’observais ces jours-ci lorsque je suis dans « une foule » :
    sur le quai d’une gare, dans la file d’attente à la caisse d’un magasin,
    avec la musique d’attente au téléphone, … :
    Suis-je agaçée ? Endormie ? En union avec mes concitoyens ? Autre ?

  6. Sur le quai…! Vagues déferlantes qui se succèdent. ..entrecoupées de calme plat…J’ aime être très en avance pour vivre pleinement ces attentes sur le quai ,moments de vie intenses où je me décentre de moi…Que de monde !!!,tous ces visages qui défilent, chacun unique pourtant et voilà que je m’émerveille devant tant de VIES inconnues et je me sens tout d’un coup EXISTER pleinement et en Fraternité.
    Comme le dit Jean d’Ormesson dans ce beau texte: »Le train de ma vie »,je dis Merci pour tous ces visages qui, l’espace d’un instant ,m’accompagnent.
    Puis,sur le quai …! apparemment très vide, c’est le calme plat.La vie semble partie , je suis là pourtant, bien vivante.Ce calme me Repose l’espace d’un instant…j’attends, je goûte à ce temps si lent de l’attente ,c’est un temps précieux et je choisis d’en faire un temps délicieux ,parfumé de toutes ces rencontres éphémères liées au « VOYAGE » ,je me sens dans la louange…pour aussi ce voyage intérieur suscité par ce quai…!

    Merci

    Françoise

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