De l’amorçage des pompes

pompe à brasLorsque j’étais enfant il y avait chez mes grands-parents une pompe à bras dans la cour. Pour que l’eau jaillisse en abondance, il fallait une dextérité particulière, un certain coup de main, plus précisément un certain coup de bras, que je n’avais pas forcément. J’admirais la manière dont mon grand-père remplissait rapidement son seau. Parfois la pompe ne fonctionnait plus. Il fallait alors la réamorcer avec une eau venue d’ailleurs.

Dans ma tête enfantine, je m’interrogeais : comment ferait-on le jour où il n’y aurait plus d’eau pour amorcer ? C’en était presque angoissant, au point que je n’envisageais même pas de demander comment s’y prendre si, d’aventure, pareille situation dramatique se présentait. Dès lors, j’avais secrètement rempli d’eau  quelques vieilles bouteilles abandonnées dans le débarras, pour parer à toute défaillance de la pompe.

J’ai gardé pour ma vie, qu’il fallait se méfier du désamorçage des pompes.Demeurer vigilant avec soi, pour éviter  le risque de s’assécher, voire de se dessécher.

Ainsi de l’attention à  faire jaillir geyserl’eau de la source vivifiante qui coule au fond de nous.  Puiser dans nos ressources avérées dont nous ne pouvons plus douter si on est loyal avec soi-même. Boire les paroles de ceux et celles qui nous veulent du bien. S’imbiber du meilleur de soi-même. S’enivrer des beautés de la nature. Se désaltérer des rencontres vivifiantes qui se présentent dans le quotidien. Étancher la soif d’amour lorsqu’on réclame notre présence affectueuse. Éponger les douleurs de ceux qui viennent vers nous. Trinquer avec la vie et la partager à foison avec tous.

Ainsi nous maintiendrons active notre vie profonde en y puisant sans cesse le filet d’eau vive qui ne tarit jamais.

Bernard Descampiaux, ancien formateur PRH

2 réflexions sur « De l’amorçage des pompes »

  1. Merci ne nous relater cette expérience si vivante, et qui me parle aussi de la nécessité , parfois, quand on est asséché, de se mettre en relation avec l’autre, qui nous apportera « son eau » pour réamorcer notre pompe et retrouver de l’élan, de la confiance, de l’énergie..
    Je vois l’être humain comme tout être vivant, avec son besoin d’être irrigué, hydraté. C’est important de reconnaître que nous avons besoin de relations pour être heureux, comme une plante a besoin d’eau.
    Et la « bonne eau », ce sont les relations bienveillantes, vraies, où chacun peut se permettre d’être lui même, sans « rôle de composition », dans la certitude d’être accueilli comme il est.

  2. Cet article me parle bien, ayant connu ce genre de pompe dans mon enfance
    Je garde cette image en tête pour les jours où je me sens pompée ou à côté de mes pompes !
    … avec le travail à faire pour que la vie coule à nouveau simple et limpide comme une eau.
    Merci à PRH

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