Le collectif, indispensable à la vie

Nous sommes en Inde du Sud, sur la côte littorale du Kerala.

Nous avons choisi de nous lever avec le soleil, afin de contempler le paysage et de faire une randonnée le long de la côte avant qu’il ne fasse trop chaud.

Au large, des pirogues sont sorties. Pirogues sommaires ou barques multicolores à moteur, ils sont entre 2 et 8 à bord. La mer est forte ici, la mise à l’eau n’est pas commode avec les vagues puissantes qui viennent s’écraser sur le rivage.

Nous nous dirigeons vers la plage des pêcheurs. A 8 heures, c’est l’arrivée de la 1ère pêche, les bateaux accostent et sont rapidement sortis de l’eau, à plusieurs, pour ne pas chavirer dans les rouleaux, et puis c’est le moment de trier ce qu’il y a dans les filets. C’est là que nous découvrons l’organisation du collectif. Ils sont de part et d’autre du filet, à 1 mètre de distance les uns des autres, et chacun détache avec dextérité les poissons, les crevettes, en jetant dans le sable déjà chaud les poissons triés. En un quart d’heure, 10 hommes auront épluché le filet, les quelques kilos de poissons récoltés sont vendus aux enchères et emportés vers le marché le plus proche, et le bateau peut être remis à l’eau. Les oiseaux de mer guettent et volent en rase mottes, le soleil tape, il faut faire vite. Même pour une pirogue de petite taille, l’aide des autres est indispensable pour que les poissons soient distribués avant de pourrir sous la chaleur.

Un peu plus tard, nous visitons un temple. Une famille vient de terminer une célébration à la mémoire d’une grand- mère. Dans le rituel hindou, une quantité abondante de nourriture a été préparée, offerte à la divinité, et ayant été bénie, il revient à la famille de la partager avec tous les visiteurs du temple. Nous sommes conviés au repas, et remerciés d’accepter de partager ce repas délicieux ! Le chef de famille nous a dit qu’ils se sont sentis honorés que nous soyons assez confiants pour accepter leur nourriture .

Nous retrouvons des valeurs simples et naturelles : la nourriture est une denrée précieuse et périssable, nous mesurons le travail accompli pour la préparer, avoir les moyens de pouvoir partager avec d’autres est une bénédiction, et nous comprenons que l’attention à ce que rien ne soit gâché favorise un esprit collectif et concret, dans lequel nous nous sentons en « réapprentissage ».

Anne TRICAULT, formatrice agréée PRH

2 réflexions sur “ Le collectif, indispensable à la vie ”

  1. Merci Anne pour cette très belle page « témoignage » que je reçois comme cadeau à la veille de ma rentrée scolaire; elle me dis l’importance de la solidarité et du partage pour que la Vie en chacun grandisse !

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