Changer le monde, se changer soi-même

A l’heure où j’écris cet article, les événements du 13 novembre dernier sont encore gravés en nous. Il n’est pas question de refuser la réalité de ces évènements. Il est nécessaire de s’interroger, de chercher à comprendre comment cela a pu se produire et de trouver les réponses ajustées sur un plan individuel et collectif. Mais je ressens l’importance de porter aussi le regard sur tous les signes de vie qui se manifestent ici et là, de reconnaître que des hommes et des femmes de bonne volonté agissent pour faire avancer notre humanité. C’est une manière de réagir à ces événements de manière constructive.

plénière matin [1600x1200]C’est dans cet effort de prise de recul que je me sens invité à faire retour sur la manifestation organisée par PRH Nord et d’autres associations partenaires de la région le 8 octobre dernier : une journée de réflexion et de partage d’expériences sur le thème : « Changer le monde, se changer soi-même ». Le succès de cette rencontre, les témoignages et les paroles prononcées, les nombreuses attentes exprimées pour que la recherche entamée ce jour-là se poursuive, tout cela vient aujourd’hui me conforter dans la certitude profonde que se jouent aussi dans le monde d’aujourd’hui des forces de vie, des élans de générosité et d’engagement au service d’un monde meilleur.

IMG_2836Patrick Viveret, philosophe et essayiste, était l’invité de la première partie de cette journée et il a parlé de la démesure dans laquelle nos sociétés contemporaines et nous-mêmes nous enfermons parfois. Comment pouvons-nous réduire notre « empreinte égo-logique » consécutive à nos addictions à la vitesse, à l’argent, à la reconnaissance et au pouvoir… (pour n’en citer que quelques-unes). Nous connaissons bien à PRH la démesure de nos besoins disproportionnés (besoins normaux au départ mais dont la frustration répétée dans notre histoire conduit à des manques à l’origine de ces besoins disproportionnés).

La journée du 8 octobre voulait faire un pont entre ces deux mouvements qu’on oppose souvent inutilement :

  • Changer le monde, s’engager avec d’autres pour modifier la manière dont nos sociétés s’organisent, pour y introduire plus de justice, de fraternité, de partage… Le travail ne manque pas.
  • Se changer soi-même, parce que la qualité du vivre ensemble renvoie toujours à nos comportements individuels, nos petites ou grandes décisions, où se cachent ces mouvements « égocentriques » qu’il est possible de faire reculer.

Je ne prendrai ici que l’exemple de la sauvegarde de l’environnement et de notre planète dont on connaît maintenant l’urgence pour garantir le futur des générations à venir. Il est heureux que la totalité des pays du monde s’engagent pour réduire les effets du réchauffement climatique. Mais l’avenir de notre planète repose tout autant sur notre propre transformation individuelle et le changement de nos comportements en matière d’alimentation, de transport ou de chauffage…

La journée du 8 octobre a montré que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir articuler ces deux logiques de transformation, en assumant d’être pleinement responsable du monde à venir. Bien sûr, cela signifie qu’il est urgent de mettre à disposition des hommes et des femmes d’aujourd’hui des moyens pour accélérer leur croissance personnelle (leur « croissance en humanité »). C’est notre mission à PRH et nous sommes heureux de pouvoir contribuer à notre mesure à ce grand défi.

Jean-Michel Anot, formateur agréé PRH

3 réflexions sur « Changer le monde, se changer soi-même »

  1. Merci, Jean-Michel, d’avoir écrit aussi bien ce que je pense.
    Quelle bonne idée d’avoir organiser cette journée.
    Je vois qu’elle a dû être très riche pour les présents.
    Un jour peut-être aurai-je la chance de venir à une autre.
    Colette Blaize

  2. Merci, Jean-Michel. J’y étais et c’est bon pour moi de t’entendre dans cette relecture et sans savoir quelle pourra être la suite, je crois que ce qui s’est semé à cette journée portera des fruits et en porte peut être déjà.
    Danièle

  3. Merci, Jean-Michel, pour cette réflexion, car je me sens confortée dans mes efforts de discernements au long terme et au quotidien pour me vivre solidaire de l’humanité. Ce souci de solidarité vécue dans les moindres gestes de l’existence donne à cette dernière du sens et de la consistance. Mon souci de la juste consommation en toute chose occupe certes mon esprit au moment de mes choix. Mais il me libère en même temps du sentiment d’impuissance à devoir changer le monde. Il me situe à ma juste place et creuse en moi la détermination à m’améliorer un peu plus chaque jour. Et, le plus fort, il me permet de me connaître un peu plus, ce qui me fait sortir de l’insécurité et pimente mon existence.
    Merci donc à nouveau, Jean-Michel, pour cet encouragement.
    Anne Brunot

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