Le volontarisme : un saboteur à débusquer

En avril dernier suite à la publication d’une analyse de sensation entendue dans un stage, voici le commentaire d’un collaborateur de PRH « J’ai été rejoint par cette analyse, non par son objet mais par son cheminement, comme j’ai pu l’être dans des sessions. Etre ainsi témoin de ce cheminement intime qui se dit au plus profond de la personne m’ouvre à l’altérité, élargit ma compréhension de l’Homme, crée une forme de communion de nature universelle. Certains partages entendus en session sont ainsi restés gravés en moi dans toute leur force d’humanité. J’ai depuis longtemps oublié le nom de ces personnes qui m’ont marqué, mais pas leur regard, leurs gestes, leurs voix et le contenu de leur analyse lorsqu’ils l’ont partagé au groupe. Ce témoignage d’humanité qu’il nous est donné d’entendre et de recevoir à travers le partage des analyse en groupe, est tout à fait singulier et d’une très grande richesse. J’aimerais retrouver de temps en temps cette richesse singulière dans le blog. »

Suite à cette demande et partageant les propos de ce collaborateur, voici une autre analyse lue par un participant dans un stage d’apprentissage de l’outil de l’analyse. Il a accepté que son texte soit publié pour éclairer chacun sur la méthode de l’analyse et sur le mécanisme du volontarisme :

« Mon goût de l’efficacité m’entraîne parfois dans un mécanisme qui nuit à ma relation aux autres et à moi-même.

Quand je suis prise dans ce mécanisme, c’est mon corps qui m’alerte en premier, il se tend, se durcit, il doit tenir coûte que coûte pour aller au bout d’un dossier, je sens une exigence disproportionnée, presque de la maltraitance.

Cette exigence vient de mon moi-je intransigeant avec moi-même comme avec les autres, je le vis parfois quand j’anime une réunion, il faut que cela avance, je me sens raide et intransigeante et je traite les autres comme je me traite, avec une exigence disproportionnée.

Je le vois, ce mécanisme me fait quitter la bienveillance envers moi-même et envers les autres, me fait quitter ma capacité à tout recevoir de ma source intérieure.

C’est de la tristesse qui monte en moi en me mettant face à ce mécanisme, car je réalise que je suis alors dans de la survie et pas dans le bon goût de ma vie qui coule en abondance. Je réalise que je suis dans la peur, la peur de manquer.

Peur de manquer de quoi ?

Peur de manquer de temps : je n’aurai jamais assez de temps pour traiter tous les dossiers. La tâche est énorme. Le monde va mal et je suis comme un petit colibri qui tente d’éteindre le feu

Peur de manquer d’énergie suffisante au niveau de mon corps, peur qu’il me trahisse, qu’il me lâche

Peur de manquer d’appui intérieur, de lien avec ma source, de ne pas recevoir ce qu’il faut pour avancer, peur de stagner, de m’enliser, de faire fausse route.

Peur de manquer d’appui extérieur, peur d’être seule à devoir faire face, peur de l’inconstance des autres, de leur inefficacité, peur d’être abandonnée, laissée seule à me débattre.

Je sens combien c’est un mécanisme de survie, je m’accroche aux branches pour ne pas couler. C’est un cercle vicieux, plus j’ai peur plus je me tends pour survivre, plus je me tends et plus je me coupe de la source de ma vie.

Je cherche à sauver ma peau coûte que coûte et en fait je m’enlise, je vais de plus en plus mal, je quitte ma vie, ma capacité à me mettre en lien, à composer avec les autres

Cela me parle de la petite fille seule et perdue que j’ai été. Elle a fait comme elle a pu pour survivre. Je sens l’invitation à l’accueillir avec bienveillance, à la remercier même pour son courage, elle a réellement été embarquée dans une tourmente qui la dépassait, elle s’est accrochée aux branches pour survivre.

Mon corps garde l’empreinte de cette lutte pour la vie. La sensation de tension que je ressens dans mon corps quand je suis dans ce mécanisme est liée à cette peur d’être engloutie par trop de souffrance, alors mon sens de l’efficacité me semble mon seul point d’appui, mon seul recours, il faut avancer coûte que coûte pour quitter cette peur.

Je m’invite plutôt à m’appuyer sur l’évidence en moi que ma vie m’est donnée, qu’elle coule en abondance, que je la reçois, je n’ai pas besoin de la sauver. 

Grâce à cette analyse j’ai débusqué mon volontarisme et je me sens mieux armée pour lui barrer la route dès qu’il cherche à se mettre en place »

Dans nos trois stages « Corps et ouverture à mon monde intérieur » « À l’écoute de mon monde intérieur » et « Me comprendre en profondeur » nous vous proposons l’apprentissage de l’outil de l’analyse PRH qui conduit à découvrir du neuf sur soi.

D’autre part, cette analyse illustre bien le chapitre 5 du livre « S’affirmer sans tout casser » intitulé : « Quand exister n’est plus une évidence : Pourquoi l’affirmation de soi peut-elle être si difficile ? »

Brigitte Daunizeau, modératrice du blog

5 réflexions sur “ Le volontarisme : un saboteur à débusquer ”

  1. Cette analyse me parle beaucoup, le mécanisme de la tension et de la rigidité est très bien décrit et je m’y retrouve beaucoup. Ce qui m’aide: me mettre dans le pas à pas et, surtout, ne pas tout porter sur les épaules. Partager mon ressenti, déjà allège le poids. et partager les tâches, quand c’est possible, c’est encore mieux ! Chez moi, le volontarisme est lié à une insécurité issue d’un sentiment de solitude devant ce que j’ai à accomplir. Me mettre en relation est alors le meilleur antidote car cela me permet de prendre du recul et de me recentrer,de revenir dans le réel, finalement. Car quand on est dans le volontarisme, on n’est plus dans le réel.

  2. Oh combien je reconnais moi aussi ce saboteur qui me laisse dans la sensation de ne jamais pouvoir y arriver, de me noyer, alors oui m’appuyer sur le fait que la vie m’est donnée en abondance et avancer au pas à pas, Marie Pierre pour gravir la montagne, qui n’en est pas forcément une…

  3. Merci pour ces témoignages qui me font encore grandir à 70 ans !!!!! je reste très fidèle à l’analyse PRH depuis 20 ans et +++++ ! Brigitte44

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