Paco Ibanez

J’écoute un vieux disque de Paco Ibanez, chanteur espagnol des années 60 que vous connaissez peut être. Je suis alors saisie par la puissance de sa voix, mais surtout, à travers elle, j’accueille en moi la détresse des peuples de tous les temps, humiliés dans leurs libertés. Me viennent alors le chant des poètes assassinés et le cri des méprisés, d’hier et d’aujourd’hui.

maggy001Je me sens devenir proche, si proche à en suffoquer, de l’homme défiguré, de la dignité piétinée. Comment dire cette solidarité intérieure qui m’étreint et m’élargit en même temps, à des dimensions que je ne peux contenir …

Comment dire que cette solidarité me conduit à recueillir en moi, aussi, le cri silencieux des bourreaux de tous les temps, qui dans une micro parcelle d’eux-mêmes se souviennent fugitivement, trop fugitivement, qu’ils sont des hommes…

Comment dire tout cela… ?

Comment dire, aussi, que je ne me sens ni meilleure, ni pire que tous ceux que j’héberge en moi par la voix éraillée du chanteur espagnol.

Juste une femme, petite parmi les petites, qui se fait et se vit proche autant qu’elle le peut, de toute souffrance, simplement pour que l’homme puisse continuer à croire qu’il existe et que sa vie a un sens.

Ceci est tellement dérisoire et tellement grand en même temps.

Voilà ce que je voulais vous dire, chers amis blogueurs, en ces temps de tristesse parfois insondable.

Pour que rien n’arrête en nous cette étrange force de compassion et de consolation qui redonne visage humain à notre monde.

Sylvie Grolleau, Formatrice agréée PRH

9 réflexions sur “ Paco Ibanez ”

  1. Très beau, très juste, très puissant et en même temps goutte d’eau dans l’océan, mais goutte d’eau d’une participation au « tout ».

  2. Merci pour ce beau message qui me confirme que dans ce monde, il y a de très belles personnes ! La peinture est magnifique et me touche profondément.

  3. Paco Ibanez, c’est la découverte de ma conscience citoyenne, c’est mon attachement à un peuple, c’est le temps de ma rencontre avec le monde et l’injustice… j’ai bientôt 15 ans, mon professeur d’espagnol et quelques autres nous emmènent au concert… Les Quilapayun, Ibanez et le quarteto Cedron en un même soir sur la même scène à Lille dans la grande salle de l’opéra. Je suis bouleversée, à la fois une rencontre avec l’espoir que donnent ces hommes et femmes engagés et un sentiment profond d’injustice face au massacre qui se déroule sous nos yeux. le massacre de Pinochet c’était en 73, c’est tout frais. Et en parallèle me voici définitivement mobilisée. Paco ta voix est belle, forte, ton ton de colère c’est de l’amour… La même année je découvrirai François Béranger, cette même colère, cette même soif de justice et pour chemin la voix des artistes et un immense amour pour l’Humain et une foi en l’Homme sous des aspects parfois désabusés ou des mots qui choquent… Merci les amis.

  4. Merci pour cette belle association de ces mots de tolérance, de la peinture et quelques notes de musique, je m’y retrouve complètement.

  5. Merci Sylvie de redonner visage à notre monde si souvent défiguré.
    Merci de cette foi en l’homme qui au tréfonds de lui, reste toujours un homme (ou une femme) au beau visage.

  6. Oui, la compassion se révèle forte en moi, car que faire d’autre quand je me sens si démunie devant cette « catastrophe humanitaire » en Asie du Sud Est qui se vit aujourd’hui…?
    Oui ,continuer à croire que la vie a un sens malgré les souffrances humaines!
    Merci de nous permettre d’aller plus profondément dans notre réflexion.

    Françoise

  7. Merci beaucoup pour ce témoignage.Cela rejoint en moi ce cri énorme pour cette humanité défigurée. Les victimes d’abord, mais les bourreaux aussi défigurés. Que ce cri devienne parole est tellement important. Merci de m’aider à héberger aussi en moi tous ces hommes et ces femmes dont l’humanité est broyée. Nous avons vraiment besoin de cette solidarité d’humanité.
    Marie-Odile

  8. Merci Sylvie,
    j’ai beaucoup aimé les chansons de Paco Ibanez et je les aime encore. J’aime surtout sa voix, sa façon qu’il a de rejoindre l’âme rien que par sa voix et qui fait que je suis restée marquée. De son chant – cri, plainte, colère, consolation – je ne suis (heureusement) pas remise.
    Jeanne

  9. merci Sylvie…découvrir Paco Ibanez…merci de m’aider à » m’élargir » pour ne pas rester prisonnière de « cette tristesse insondable »….
    Me revient « le cri » de Munch….
    Nicole Langlois-Meurinne

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