OSE !

Ose une parole ! Ose un geste ! Ose croire en tes élans intérieurs ! Ose considérer ce que tu ressens avec attention et bienveillance.

Voici l’invitation intérieure qui ne me lâche pas, et depuis des années d’ailleurs ! Mais pas si facile que ça à mettre en œuvre, puisqu’elle est toujours là à me solliciter sans relâche ; avec même plus d’insistance maintenant que j’ose davantage et que non seulement j’en sors vivante, mais en plus, avec un regain de vitalité et d’énergie !

Ce mot OSE, je viens de l’entendre à plusieurs reprises autour de moi dans la bouche de personnes qui désirent prendre leur juste place, faire entendre leur voix, ne plus se laisser mener par les attentes des autres. Alors je me suis dit qu’un article sur ce thème pourrait peut-être favoriser notre audace, attiser nos élans, insuffler du courage à tous les « désirants oser » !

Car oui, il faut du courage ! Un vrai courage : Parce que ce qui m’empêche d’oser, ce qui étouffe mes paroles, ce qui me fait me dénigrer moi-même dans mes élans ou mes intuitions, ce sont des PEURS. Des peurs qui me paralysent, me coupent de toute intelligence réaliste, me plongent dans le doute et parfois même dans une culpabilité anticipée. Des peurs ÉNORMES qui m’ensevelissent dans l’inaction et me maintiennent de ce fait dans une bien piètre image de moi. Des peurs issues de l’enfance : je n’osais pas dire que cela ne m’allait pas, je n’osais pas dire non, je n’osais pas non plus dire oui à ce qui me plairait, j’avais peur de donner mon avis, avais-je même un avis ? En fait j’avais peur de tout ! Et je vivais comme en veilleuse, à flamme réduite, juste gentille et serviable, souriante et taiseuse.

Comment sortir de là ? Comment s’y prend on ?

Ma première surprise a été d’apprendre que des qualités toniques pouvaient être valorisées. En session PRH, j’ai entendu des formateurs faire des reflets positifs à des personnes dans leur affirmation d’elle, dans leur audace, dans leur ténacité pour obtenir quelque chose ! Moi, j’avais établi une échelle de valeurs où la douceur, la gentillesse, la serviabilité étaient premières, seules valables et aimables. J’ai alors réalisé que j’avais « hypertrophié » mes qualités douces et discrètes, certes très pratiques pour me faire accepter… Et j’avais complètement occulté des capacités plus toniques, les considérant comme inadéquates et dérangeantes : ne serait-ce que de m’exprimer à voix haute et forte par exemple, alors que j’avais si bien appris à parler doucement sans faire de bruit !

M’est alors venue l’invitation intérieure à être plus existante dans ces capacités toniques, par exemple à oser avoir un avis différent et à le faire entendre. Facile à dire ! Car dans un premier temps, il m’a d’abord fallu découvrir mon avis à moi ! Déchiffrer mes manques d’entrain, ou mes mauvaises humeurs par exemple, comme des signes révélant une non-adhésion à ce qui m’était proposé. Puis aller plus loin en essayant de sentir et nommer mes besoins, mes envies et désirs profonds et me les formuler à moi-même. Cela a été tout un travail pour lequel j’ai eu besoin d’être soutenue par mon accompagnatrice : qu’elle valide mon droit à avoir des besoins et des désirs pour ma vie !

Puis sauter le pas pour oser formuler mon opinion : alors là, il a fallu que je me lance, comme dans un grand bain glacé dont on ne sait pas trop comment on va ressortir, en m’appuyant sur la confiance dans la relation, toute palpitante de crainte mais dans un élan pour ma vie. Et il n’y a pas eu de tremblement de terre ni de colère en face ! Et même aucune expression de surprise face à ce que j’énonçais : pour mon interlocuteur, c’était normal que je m’exprime.

En m’appuyant sur cette expérience, j’ai pu renouveler cette affirmation de moi de manière plus tranquille, expérimentant la négociation, abordant des sujets plus « chauds » pour moi : tout un apprentissage d’oser être plus moi et tout moi. Parallèlement à cela, j’ai pu mieux identifier mes peurs, en pressentir l’origine, les travailler en accompagnement individuel. C’est heureux en moi de voir ce chemin parcouru. Mais je vois aussi toutes les situations où c’est encore difficile pour moi : c’est un chemin que je vais continuer pas après pas, comme vous, chers lecteurs du blog !

Alors pour oser : commencez par le plus facile, le moins risqué ! Le pas possible aujourd’hui.

Et faites-vous aider ! Connectez-vous à votre désir de vous déployer, de donner votre voix dans la musique du monde, d’apporter vos richesses là où vous êtes, de contribuer à nourrir les liens avec vos proches. La VIE est contagieuse : plus vous serez vivants, plus vous serez heureux ; et plus vous serez heureux, plus vous sèmerez du bonheur autour de vous ! Est-ce que cela ne vaut pas le coup ? Alors on y va ? OSONS ! 

Anne Flatin, formatrice agréée PRH

15 commentaires sur « OSE ! »

    1. Oui Ginette, ces articles sont une « nourriture vitalisante » : merci de les lire et je souhaite qu’ils t’aident puissamment !

  1. Merci Anne pour ce plaidoyer pour l’audace dans lequel je me reconnais comme sans doute de nombreuses personnes. Comment choisir quand on n’a pas appris, comment s’aventurer lorsqu’on a tissé tant de protections pour s’abriter des dangers, comment tout donner de soi lorsqu’on a tout fait pour ne pas être vue…le chemin est long mais avec l’âge je commence à en récolter les fruits, à découvrir de vastes prairies ensoleillées dans lesquelles je peux m’exprimer, m’exposer en restant debout et même, à en éprouver du plaisir car, oui, oser se déployer, oser devenir qui on est vraiment est une source de joie si bienfaisante que je la recherche de plus en plus car elle résonne en moi avec ma joie profonde d être en vie. Quelle gratitude face à ce cercle vertueux qui s’installe, j’encourage tous ceux qui comme moi n’osait pas sortir de l’ombre, à expérimenter de tout leur cœur, de tout leur corps cette sortie vers la leur lumière pour enfin dire oui à leur vie !

    Cathy

  2. Merci Anne de votre article bien précieux pour moi aujourd’hui !

    Dans cette invitation intérieure que vous nous offrez, je m’arrête à ceci:

    « Ose croire en tes élans intérieurs!

    Ose considérer ce que tu ressens avec attention et bienveillance. « 

    Voilà le chemin qui s’ouvre devant moi!

    Vais-je me faire confiance et oser avancer ?

    C’est mon plus cher désir…

    Françoise

  3. Merci à Madame Anne FLATIN pour ce partage de cheminement, pour cette humilité et en même temps, cet élan, cette invitation à un « jaillissement d’être » à advenir si, chacun et chacune, nous « osons » !
    À la lecture, je me sens interpellée, les questions sont ouvertes en moi puisque moi, actuellement, bien souvent, je n’ose pas encore…
    Je n’y avais pas vraiment réfléchi avant, mais il est vrai aussi que c’est une attitude plus facilement entravée pour une « fille ». Puissent les jeunes parents encourager leurs enfants, filles et garçons, à « oser être » !
    Aujourd’hui, je me sens secouée dans des peurs, mais c’est bon de me sentir touchée, (re)mise en chemin, encouragée par le témoignage.
    Oui, jour après jour, poser le premier pas possible…. en gardant par ailleurs de la bienveillance pour les pas qui semblent encore trop risqués pour l’enfant en moi, qui a eu et a encore tellement peur.
    Merci de tout coeur, pour les témoignages, pour le blog !

    1. Effectivement, il ne s’agit pas de plonger dans des actions trop difficiles lorsque les peurs sont trop importantes : juste respecter ce qui est possible ! Et puis peut-être regarder ces peurs en relation d’aide pour ne plus être seule avec.

      Bien avec vous ! Anne Flatin

  4. En lisant cet artcile aujourd’hui, je réalise tous les pas audacieux que j’ai posé ces derniers temps. Audacieux au point que parfois je me suis demandé si celui-ci ne risquait pas de faire face à un refus qui me nuise et si cet autre ne risquait pas de malmener une relation … si je n’aurais pas mieux fait de prêter okus attention à la façon dont j’ai amené les choses …

    Mais ces pas sont maintenant faits, en cohérence avec qui je suis et tant pis s’ils sont imparfaits : ils disent ce que je suis dans ma vitalité et dans mes limites aussi.

    Et ce constat m’invite à tourner mon attention vers ce dynamisme de vie qui m’habite et à la saluer, le remercier d’être en moi. Et je me perçois comme étant lui, comme si, en y étant fidèle, il se donnait en moi et me consolidait et nourrissait ma confiance en moi et une estime qui a été si malmenée par la maltraitance dont j’ai été l’objet dans mon enfance et dont je me relève avec d’autant okus de vigueur aujourd’hui.

    Merci,

    François

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