Comment va le monde ? Que devient-il ?

Ces questions peuvent paraître bien abstraites. La complexité croissante du monde peut même donner l’impression qu’il n’est plus permis de déchiffrer les évolutions les plus profondes de nos sociétés et qu’il s’agit dès lors de se laisser aller à suivre le cours des choses sans pouvoir véritablement agir…

Me revient à l’esprit une expression déjà ancienne d’Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix : « Puisqu’il est donné à l’homme d’agir sur l’événement, comment faire pour qu’il le conduise vers le soleil plutôt que vers le gouffre ? ». Cette affirmation de la fin du 20ème siècle est-elle toujours d’actualité ?

Oui, il est donné à l’homme d’agir sur le cours des choses et une lecture approfondie de toutes les évolutions qui affectent notre monde révèle qu’il est encore possible de le conduire vers le soleil. C’est la conviction que je retire d’un travail effectué avec un groupe international de formateurs PRH qui ont réfléchi à cette question : « comment notre monde se transforme-t-il et quel peut-être l’apport de PRH ? ». Il n’est pas encore l’heure de vous livrer les résultats de ce travail, encore trop partiel, qui verra son aboutissement au cours de notre prochaine rencontre internationale en Argentine (en mai prochain). Mais derrière les bouleversements qui s’opèrent, et les forces contradictoires qui agitent nos sociétés, j’ai la certitude que certains courants de fond, parfois peu visibles, expriment la recherche d’un plus, d’un « progrès ». Plusieurs auteurs y voient la manifestation d’un nouvel humanisme dont les signes les plus marquants sont les suivants:

  • L’aspiration à l’épanouissement, à la coopération plus que la compétition ou la maximisation ou la réussite
  • Le développement d’une société-réseau, de l’empathie, d’une conscience collective, universelle, facilité par l’internet et les nouvelles technologies de communication
  • La quête de spiritualité sous toutes ses formes et d’un accès nouveau à la transcendance
  • La prise de conscience du défi écologique et des changements de comportement nécessaires pour protéger la planète et l’Homme qui l’habite…

Edgar Morin, dans une récente tribune du Monde disait ceci : « Aujourd’hui, tout est à repenser, tout est à recommencer… Tout en fait a recommencé, mais sans qu’on le sache… L’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l’efficacité, de la rentabilité, mais le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié… ». Et de parler avec d’autres d’une métamorphose dont nous discernons à peine les contours, mais bien réelle, dans laquelle il s’agit de s’engager plus consciemment encore. Et si c’était le début de la réponse à la question d’Elie Wiesel ?

Jean-Michel Anot, formateur agréé PRH

 

3 commentaires sur « Comment va le monde ? Que devient-il ? »

  1. Cet article me fait me questionner :
    – A mon niveau, à mon échelle : qu’est-ce que je perçois de ces transformations du monde ?
    – Est-ce que j’en ai peur ? Est-ce que je suis en appétit ? Est-ce que j’attends ?
    – Est-ce que je me sens loin de ces transformations, observatrice, curieuse, engagée ?
    – Quels sont les petits pas concrets que je pose pour participer à ce  »plus d’humanisation » ?
    – A quoi j’aspire pour l’avenir de notre monde et de notre planète ?

    Toutes ces réflexions et questionnements cheminent en moi. VG

  2. S’adresser au monde comme à une Personne : « Comment vas-tu ? Que deviens-tu ?» me réjouit. Pour entendre sa réponse, il faut que je sois en relation avec lui et que je me prépare à entendre son langage. Oui, mon ‘monde intérieur’ peut m’aider à déchiffrer le langage de notre Monde. Sans faire de publicité, je peux dire que ma participation au GRAC : « Je choisis de me laisser transformer » m’a permis d’entendre et de partager ce langage de notre monde avec d’autres. C’est important qu’il y ait de tels lieux où nous pouvons prendre conscience que le soleil continue de se lever malgré des nuits que nous pouvons traverser.
    Le soleil se lève sur le monde et je ne suis pour rien. Voir ou ne pas voir, agir ou ne pas agir en conséquence m’appartient. Je peux simplement regarder ce qui me retient et m’empêche d’agir pour soigner ma relation avec le monde et avec « notre » monde.

  3. Bravo Jean-Michel pour oser dire que tu as foi, que nous pouvons avoir foi en l’homme dans cette période qui, comme bien d’autres avant, parait à beaucoup si inquiétante.
    Voyons en effet ce courant profond et souvent caché qu’André Rochais nommait « individuation » à différencier de l’individualisme. C’est devenir un sujet, libre, c’est vivre nos dons uniques ordonnés au collectif. D’où retour à l’entraide et la coopération devant les risques qui nous menacent. Alors des ressources humaines insoupçonnées seront disponibles

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