Une soirée-atelier à Paris autour de « L’échec, une occasion d’apprendre »

En Ile-de-France, les formatrices proposent, trois fois par an, des soirées-atelier ouvertes à tous, qui sont l’occasion d’un travail d’écoute intérieure, de questionnement et de partages en groupes. Retour sur notre dernière soirée, autour d’un thème pas facile : celui de l’échec.

Lundi 21 janvier, 19h : une quarantaine de personnes sont réunies à Paris, près de la Bastille, pour le premier Lundi de PRH de l’année.

Les lundis de PRH, c’est devenu un rendez-vous attendu dans notre région. Trois fois par an, nous proposons une rencontre ouverte à tous, sur un thème qui nous fait travailler, réfléchir, échanger et avancer dans nos vies.

Pour notre premier rendez-vous de l’année, nous avons osé aborder la question de l’échec, un thème  « courageux », en continuité avec le thème de la confiance en soi, qui avait rassemblé 60 personnes en octobre dernier.

L’échec, qui n’en connaît pas ? L’échec, l’erreur, la défaillance, l’imperfection font partie de notre expérience, quand on se risque à oser.

« Moi je n’aime pas parler d’échec, a lancé un participant. L’échec c’est connoté. Je préfère parler d’insuccès ». Oui, l’échec est d’abord une question de regard sur notre vécu, et il affecte aussi l’image que nous avons de nous-mêmes. Et à PRH, notre regard est porté sur la croissance. L’échec, pour nous, c’est le signe que l’on a tenté quelque chose ! C’est la preuve que notre dynamisme de croissance est à l’œuvre. Il est donc très important d’apprendre à vivre les échecs d’une manière constructive, c’est-à-dire en acceptant le réel d’une situation insatisfaisante, sans entraver cet élan de vie qui nous pousse en avant.

Dans les échanges avec les formatrices et en petits groupes, les personnes ont pu partager leur relation à l’échec et certaines expériences d’échec qui ont été apprenantes. Comment tirer parti de ses échecs et en faire une occasion de croissance ? Comme à chaque rencontre, nous, formatrices, sommes émerveillées de voir se mêler des personnes expérimentées qui se forment avec PRH depuis de nombreuses années, des nouveaux venus après une 1ère session, heureux de revivre l’ambiance des stages et de côtoyer d’autres personnes en recherche d’ajustement et d’authenticité, et des personnes qui découvrent notre approche, à qui on a parlé de PRH et qui sont venues « pour voir »… Toutes ces personnes ne se connaissant pas et issues de milieux différents se mettent au travail, prennent du temps pour s’ouvrir aux questions posées, puis osent partager dans ce climat fait de respect, de bienveillance et de non-jugement, si caractéristique des sessions PRH.

Le buffet, concocté par les bénévoles de la région, a contribué à la sensation de convivialité qui émanait de cette soirée.

Voici quelques enseignements de cette rencontre :

Accueillir ses échecs fait appel à notre humilité, et c’est le goût de la vérité sur soi qui aide à entrer dans une démarche d’ouverture à toutes ses expériences, réussies ou ratées. En se connectant à sa vérité, en osant partager ses échecs, en accueillant le vécu douloureux qu’ils peuvent provoquer, en prenant le temps de les relire et de les comprendre, cela permet de dédramatiser, de remettre les responsabilités à leur place, de repréciser ses objectifs, et de réajuster l’image qu’on a de soi.

L’écoute de ses intuitions, l’engagement vers des zones inconnues, de nouveaux territoires, de nouvelles relations, exposent au risque d’échec.

Certains participants sont repartis avec une sensation de tremplin pour essayer à nouveau, ayant retrouvé du courage, d’autres ont ressenti un apaisement.

Une citation tirée d’un ouvrage de Charles Pépin « Les vertus de l’échec » a clos la soirée. Nous vous l’offrons sur ce blog car nous la trouvons très juste : « En nous trompant, en échouant, nous manifestons notre vérité d’hommes : nous ne sommes ni des animaux déterminés par leurs instincts, ni des machines parfaitement programmées, ni des dieux. Nous pouvons échouer parce que nous sommes des hommes et parce que nous sommes libres : libres de nous tromper, libres de nous corriger, libres de progresser. »

Prochain rendez-vous le 20 mai 2019 autour du thème : Mon corps, ami ou ennemi ?

 Marie-Pierre Ledru et Anne Tricault, formatrices agréées PRH en Ile-de-France

 

14 commentaires sur « Une soirée-atelier à Paris autour de « L’échec, une occasion d’apprendre » »

  1. Pas très original je trouve,
    comme au jeu d’échecs où l’on apprend à force de faire des erreurs !
    Et je me souviens de la pédagogie d’un ami formateur en électrochimie, fondée sur la méthode de la panne. OU encore d’une méthode américaine : A trouble in my tank. Une panne dans ma cuve de nickelage ( par exemple )

    1. « pas très original » : peut-être …. mais ESSENTIEL*
      Et encore insuffisamment intégré dans les pratiques éducatives qui, par un regard jugeant sur l’échec favorise la culpabilité des personnes dès k’enfance et leur conformisme au détriment du déploiement de leurs qualités propres et de leur capacité à oser être.
      Comme la plupart des personnes de ma génération, j’ai subi ces pratiques dans l’enfance et, même si les pratiques éducatives ont évoluées entre temps, j’en constate encore les effets néfastes aujourd’hui sur mon fils de six ans.
      Et ces pratiques occasionnent de réels dégâts dans le monde intérieur de chacun (il suffire de lire les commentaires qui suivent pour s’en rendre compte), dégâts dont il s’agit de s’occuper ensuite en tant qu’adulte !…
      Aussi, ne suffit-il pas de savoir que l’échec est une opportunité d’apprendre, encore faut-il que ce principe soit intégré jusque dans la réalité du quotidien à au moins deux niveaux.
      Au niveau personnel, pour aller soigner les dégâts de pratiques éducatives contraires dans nos sensibilités d’adultes et se rééduquer à un nouveau regard sur ses propres échec, mais aussi au niveau sociétal pour que les pratiques éducatives offre à nos enfants un environnement favorable au déploiement de leurs qualités.
      Et, en tant que bénévole d’une association qui oeuvre à la diffusion de pratiques humanistes et non violentes dans l’éducation (Déclic CNV éducation), je peux vous dire que c’est encore loin d’être acquis !…
      Bien cordialement,
      François

      * (Et sans ciel, que serions-nous ? :-D)

  2. très heureuse de lire cet article ce matin , il me donne un tout nouveau regard sur l’echec, porteur d’humilité et d’espoir.
    Il me fait voir autrement une situation d’échec que vit mon fils.
    cet article me recadre pour voir de facon juste cette situation et y être debout

  3. Merci Marie-Pierre et Anne de nous partager à la fois cette expérience bien riche des lundis de PRH à Paris, et cette manière de vivre l’échec comme une occasion d’apprendre.
    Me revient ce que relatait un neuroscientifique américain, Jonah Lehrer, dans un livre sur le fonctionnement du cerveau dans la prise de décision. Il évoquait plusieurs grands spécialistes, reconnus comme des « maîtres » dans leurs domaines respectifs : ils avaient une intuition quasi-infaillible, ils sentaient tout de suite quelle était la solution : leur flair ne les trompait pratiquement jamais. Comme c’était aux USA, ils économisaient beaucoup d’argent à leurs employeurs, et étaient très riches ! En interrogeant ces personnes, pour percer le mystère de leurs incroyables compétences, Jonah Lehrer entendit pratiquement les mêmes mots, à chaque fois : « dans mes débuts, je me suis beaucoup trompé… mais j’ai appris de mes erreurs »!
    Pour ma part, je rêve d’un système scolaire qui cesse de voir les erreurs des élèves comme des fautes, à sanctionner, mais comme autant d’occasions d’apprendre. Un des mes fils a eu la chance d’avoir un instituteur qui cherchait toujours à comprendre le mécanisme qui avait conduit un élève à se tromper. Il utilisait les erreurs de ses élèves comme des occasions de progresser. Les élèves avaient le droit à l’erreur, ils étaient encouragés à oser, ils prenaient confiance en eux, ils apprenaient… Quelle chance !
    Régis Halgand

  4. Regarder l’échec sous l’angle d’une tentative qui n’atteint pas le résultat espéré m’a fait revivre des échecs sous l’angle de deux élans intérieurs qui parlent de la vie en moi .. et cela me permet de me regarder avec un peu plus de douceur. Merci Anne et Marie-Pierre

  5. Et bien voilà de bons éléments et questionnements
    pour observer notre relation à l’échec,
    et voir si j’arrive à tirer parti de mes échecs.

    Suis-je alors en mode : « point mort/marche arrière » ?
    Ou en mode : « Echec et mat » ?
    Ou bien en mode : « marche avant, avec changement de vitesse » ?

    Moi, je sais que mon côté perfectionnisme me joue souvent des tours
    et que j’ai du mal à accepter l’échec.
    Au moins, l’échec me fait grandir dans l’humilité
    et l’acceptation de ne pas tout réussir.
    Et je commence même à rire des mes échecs.
    Vive le lâcher-prise, et l’ajustement à ma réalité.
    Mais pour en arriver là, j’ai encore bien besoin de mon accompagnatrice PRH pour m’aider à déjouer mes mécanismes de sécurité.

    Bravo pour ces soirées-débats. Et merci pour ces partages.

    1. Bienvenue dans le royaume des perfectionnistes (en fait, une vraie prison, n’est-ce pas ?)

      Le mien (mon perfectionniste*) me fait remarquer que vous avez oublié de mentionner le mode : « marche avant, avec changement de direction », sans parler de l’étape préalable de « point mort pour discernement »…

      Mais, j’arrête là son discours pour en rire (avec vous ?) car c’est ça que j’ai apprécié découvrir dans votre message : l’humour comme moyen de sortir des pièges que le perfectionnisme nous tend. Merci en tout cas pour ce partage qui m’invite à explorer cette voie.

      Avec toute mon empathie et ma solidarité de perfectionniste aspirant à un fonctionnement plus libre et ajusté.
      Bien cordialement,

      François

      * J’aime bien, comme en IFS, représenter par des personnages intérieurs ce qui dans mon monde intérieur cherche à influencer mon comportement : ça facilite la dés-identification aux dysfonctionnements.

  6. Merci pour votre témoignage Marie-Pierre et Anne, il me semble que la soirée était une belle réussite.

    l’échec résulte de plusieurs composantes que je n’arrive pas toujours à comprendre. Le dynamisme de vie en moi m’aide à me laisser transformer pour avancer. Cela prend des semaines, des mois et parfois des années.

    Réussir ou échouer sont des mystères, qui souvent correspondent à un certain entendement entre les hommes et qui varient selon les cultures.

    Je reconnais simplement ma sensibilité: elle est agréable et stimulante quand je réussis OU désagréable et entravant quand j’échoue. Quelques fois, l’échec peut me stimuler à avancer mais pas toujours.

    Réussir est au niveau de l’être et échouer où est-il ?

    1. Oui, la sensibilité réagit à ce qu’on nomme « réussite » ou « échec ».
      Mais cette notion par son côté très binaire montre qu’elle relève du jugement qu’on porte sur une situation et que ce jugement répond à la question de savoir si nous avons ou non atteint l’objectif. si nous avons répondu à l’attente. reste à voir ce qui en nous a déterminé cet objectif, d’où émane cette attente.
      L’attente peut venir de plein de sources différentes mais pour devenir objectif elle passe forcément par la tête : celle-ci a-t-elle été docile à des réalités plus profondes de notre personne ?
      C’est peut-être là qu’il convient d’aller cherche la réponse pour pouvoir remettre en question son jugement sur la situation qualifiée de réussite ou d’échec et éventuellement de faire évoluer notre regard dessus.

    2. Bonjour et merci pour votre questionnement qui se poursuit, c’est bon de voir que cette soirée met en recherche.
      La réussite n’est pas toujours au niveau de l’être. on peut réussir à atteindre des objectifs fixés par le moi-je, ou pour se conformer à des codes, et ne pas ressentir au niveau de l’être une satisfaction profonde, un sentiment de justesse qui sont signe d’un épanouissement profond.
      Il est finalement difficile de situer la réussite ou l’échec au niveau d’une seule instance. toutes les instances se manifestent, quand on tente quelque chose, c’est ce que nous avons évoqué au cours de cette soirée.
      On peut vivre un échec avec un sentiment de honte, de culpabilité, au niveau du moi-je. On peut aussi le vivre de manière plus humble, au niveau de son être, en essayant de comprendre ce qui s’est passé et en cherchant à identifier la réalité ou l’aspiration qui a cherché à s’incarner dans cette tentative.
      Ce qui est intéressant dans votre exemple : pouvez-vous observer dans quels cas l’échec vous stimule pour avancer ? et les cas contraires ? l’observation vous en dira sans doute davantage sur vous, sur votre manière de vous fixer des objectifs, sur vos attentes, etc. Bonne recherche !

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