Comment tenir en vie ?

Quand surgit soudain dans la vie un tsunami intérieur, une déferlante qui ravage les digues et les étayages, une succession de jours et de nuits de larmes, de ventre vrillé de douleur… fruits d’une souffrance ancienne réveillée dont les vagues submergent de leurs assauts, qu’est-ce qui fait tenir en vie ?

Quand la violence des lames de fond broie, quand tout ce qui était solide et sûr s’effrite, quand je ne sais plus si je sais aimer, qu’est-ce qui me fait tenir en vie ?

La nuit, la pulsation de mon cœur résonne parfois dans mon ventre de manière très puissante : je veux croire qu’elle me dit que ma Vie est forte. Mon corps reste vivant, malgré les insomnies et l’anorexie, il tient le coup. Par moments je voudrais que tout cela cesse, je pense aux eaux du lac voisin qui pourraient noyer mon chagrin. Cependant, vaille que vaille, je me lève le matin et j’essaie d’assumer mes journées autant que faire se peut ; j’assure le minimum ; je dis à mon entourage que je suis en deuil pour éviter les questionnements.

Je suis en deuil de celle que j’étais le mois dernier, assurée, énergique, confiante en la vie. J’ai perdu pied, je ne tiens plus debout, je suis laminée de doutes ; tout s’écroule. Mon dos se voûte, ma tête est si lourde, je me recroqueville autour de mon ventre comme pour bercer ma douleur.

Comment tenir en vie ?

Mot après mot, jour après jour, je balbutie dans mon cahier d’analyses personnelles ; je lance du noir et du rouge sur de grandes feuilles, puis je déchiffre les sensations éveillées par ces dessins ; j’ose dire ce que je ressens à des oreilles aimantes et bienveillantes ; je reçois des témoignages d’amour, de tendresse ainsi que des signes que l’on a confiance dans la Vie en moi. Cela me porte et me permet d’entrer progressivement dans la conscience de ma réalité d’aujourd’hui. Semaine après semaine, mon intelligence accepte de regarder les choses en face. Tout ce qui est là, même le plus douloureux… Mes illusions s’effondrent, mes croyances s’envolent, l’image de moi « plus forte que les autres et à l’abri des défaillances » est pulvérisée. Je sens toute ma personne rabotée, émondée, décapée : j’en sors toute meurtrie…. mais vivante. Je me sens très fragile et en même temps, je commence à me redresser : la Vie gagne du terrain. Me mettre dans la vérité a eu un effet majeur dans mon corps et ma sensibilité, mes tensions se sont relâchées. Je peux commencer à accepter ce qui est.

Je sens à présent que j’ai là l’opportunité de grandir en humilité, d’en revenir à l’essentiel qui est pour moi d’aimer, m’aimer et aimer. C’est aussi l’occasion de prendre du recul pour sentir ce qui est le plus important : me sentir plus en capacité de comprendre les personnes qui souffrent et surtout ne pas croire que je peux les guérir. Et percevoir qu’au-delà de ma volonté de vivre, il y a la VIE qui me tient, presque malgré moi. La VIE a continué de couler dans mes veines et dans toute ma personne avec ténacité et endurance. Elle m’a portée, soutenue, permis de traverser ce bouleversement, elle est vigilante en moi rescapée encore fragile, avec comme une lueur d’espérance de jours meilleurs à venir. La sensation que je n’ai pas coulé et que mon bateau a encore des mers à parcourir, des ports à découvrir, de l’amour à donner.

En écrivant ces mots, j’ai beaucoup de gratitude pour les personnes qui m’ont accueillie comme j’étais ; également une immense gratitude pour PRH, et notamment la méthode de l’analyse des sensations qui m’a donné une autonomie dans cette traversée. Je remercie aussi la Vie pour mes conditions de vie si facilitantes : nous ne sommes pas ici sous un déluge de bombes ni dans une insécurité tragique et permanente.

Je pense à vous, cher.e.s sœurs et frères en humanité, avez-vous traversé de semblables tempêtes ? Qu’est-ce qui vous a fait tenir ? En êtes-vous sortis changés ? En quoi ? J’aurais du goût à lire le cœur du cœur de vos vies, et à me sentir comme encordée à vous.

 

Anne FLATIN, formatrice agréée PRH

23 réflexions sur « Comment tenir en vie ? »

  1. Ohhh ! Quel réveil ce matin ! Avec cette pépite . Merci Anne, c est fort, c est touchant, c est humble et je sens tellement une authenticité et une audace à la lecture de ton témoignage. Ça sonne tellement juste. J ai la sensation que j aurais pu écrire des choses semblables et je me sens profondément relié à toi à travers cet écrit, mieux …je me sens invité à écrire mes propres mots en vérité. Ton authenticité réveille la mienne. Merci du fond du cœur, pour cet appel à mettre des mots sur la souffrance mais surtout la Vie qui tient bon dans les tsunamis ! Merci, merci, merci…Emmanuel Merlin.

    1. Bonjour, Ainsi en va-t-il des tempêtes sous un crâne, de la fulgurance de ces séismes qui ébranlent au plus profond de soi, du déchaînement des éléments faisant de la plus solide des personnes un colosse au pied d’argile, du plus sûr des navires un frêle esquif à la merci des courants, des récifs et des déferlantes, brisant ses mâts, le privant de tout cap et étouffant son espoir sous le fracas de l’orage, la pluie battante, le vent et l’obscurité. Quand le voile se déchire, notre conscience et tous nos organes sont convoqués à une épreuve de dessillement, à une dissipation des illusions. Il est des larmes qui ont besoin d’être pleurées et des cris qui on besoin d’être poussés pour laisser partir ce qui ne peut être retenu, pour acter un temps révolu, pour augurer une nouvelle réalité que l’on peut accueillir mais que l’on ne peut pas décider. Puis portés par des flots adoucis, nous voilà échoués, épuisés, sur une nouvelle plage de notre vie, pour une escale imprévue sur une île inconnue dont il faudra dresser la carte et où il faudra réapprendre à vivre. Robinson connaissait le goût doux amer de la vérité et plus encore savourait le bonheur d’être en vie. Merci pour ce témoignage Capitaine.

  2. Oh merci Anne pour ces paroles si justes.
    Qui ont un fort écho en moi car ayant aussi traversée de telles tempêtes et ayant réussi à aller écouter plus profond en moi ( grâce à l outil Prh et de jouer avec les mots, couleurs et formes…). Oui avoir accès au langage intérieur qui se dit dans ces périodes où la souffrance menace de tout engloutir est une chance que j’ai saisie, travaillée, disciplinée…. À contre courant parfois de l’ambiance actuelle… Mais je fais l expérience que je retrouve mieux pieds par cette voie, ma dignité et mon élan de Vie, en phase avec ma Foi.

  3. « Bienheureux ventre vrillé », puissant révélateur, qui « grâce » au tsunami ainsi déclenché est venu me parler, me crier ce qui était tu et retenu depuis toujours !
    Ventre lieu du plus archaïque en nous, empreintes ainsi révélées…grâce aux forces qui ont grandi.
    Tenir ? Tenir cette Vie, tenir à cette vie celle-là même dont je ne voulais plus tant j’avais mal ?
    Ou bien plus, peut-être, accueillir sans m’y opposer ni me « battre contre », ce tsunami, ce bienheureux déclencheur ?
    Il m’a fallu, en effet, et de manière « vitale », une main aimante, proche , compétente voir quotidienne pour m’ accompagner, m’aider à écouter, mettre des mots sur ce bruit assourdissant, sur cette souffrance dévastatrice, sur cette colère qui refusait ma vie, sur mon impuissance la plus totale, sur ma culpabilité si dévalorisante, sur l’abîme de solitude et de désespoir qui surgissaient prêt à m’engloutir….quelle terreur, quelle panique, quel chagrin sans fond, cette peur de perdre, cette peur de me perdre, cette peur d’être « perdue » et de ne plus exister….. Mots après mots le ventre se vide de son enfermement, enfer de souffrances où peu à peu le moi-je, à son tour, apprend et décide de se mobiliser pour dissocier le présent du passé, tout en laissant à ce passé la possibilité de sortir son cri étouffé depuis toujours….
    Quelques années plus tard il m’est surprenant de sentir ma gratitude quant au tsunami-déclencheur !
    D’avoir pu le traverser, « exister dedans », lui donner sa Parole m’at-il changée ?
    Davantage, bien plus, il m’a ré-vélée, dé-voilée et le travail auquel il m’a conduite et continue de me conduire (des mini-tsunamis peuvent resurgir, et la cicatrice demeure..) m’a permis de toucher, de découvrir le cœur même de mon être, son unicité dans la beauté ainsi re-donnée, présente dès mon Origine. Unicité de plus en plus dégagée, agissante, fondations qu’aucun tsunami ne pourra plus balayer ni détruire complétement.Cette peur panique de perdre, de me perdre, ce nuage noir dans lequel je me sentais « perdue » et dans lequel je me suis noyée, s’est transformé en don, Source, Beauté et Re-lation….alors oui Anne je suis de tout cœur « avec » toi dans cette douloureuse traversée qui fera briller plus intensément encore, ta si belle Lumière dans toute son unicité.

  4. Oui, Anne votre témoignage me touche et me rejoint profondément , je sors justement de ce tsunami, qui a réveillé en moi, cet élan de Vie , ce dynamisme, qui m’habite chaque jour; on ne se sent plus la même mais la solidité intérieure est bien là, existante, contre vents et marées je sors de cet enlisement, de ce bourbier, de toutes ces peurs , qui ont empêché l’expression des sensations , mais grâce à un accompagnement suivi et persévérant , je sors soulagée, libérée, vainqueur ,car la Vie est plus forte que la Mort .
    Continuez à nous abreuver de vos témoignages, ainsi vous arriverez à étancher ma soif d’absolu.

  5. Waouh!! C’est la première fois qu’un article sur le blog fait autant écho en moi. Dans ce que j’ai pu vivre et dans le chemin qui m’a permis de retrouver le VIE en Moi. Cet élan que je trouve depuis quelques mois. Oui il m’a fallu du temps. Oui le chemin est rude. Que c’est Bon aujourd’hui de re gouter à la vie, à la joie de ma vie intérieure qui rejaillit sur toute ma vie extérieur. Pourtant je sens encore présent en moi ma sensibilté qui me rappele mes fragilités. Ce qui a changé c’est que ma force intérieur de nouveau parvient à me faire Vivre, à Etre Moi.
    Merci de ce beau témoignage vrai, émouvant, plein de Vie. Merci, Merci, Merci.

  6. Tsunami intérieur…je l’ai nommé ainsi moi aussi voici 8 ans jour pour jour. Il a soufflé tout devant lui, me laissant nue, perdue, sans repères, fragile, vulnérable, en détresse, désespoir, colère, impuissante, avec une succession de chagrins les uns après les autres, avec l’envie d’appuyer sur un bouton « delete » pour disparaitre…dans ce désir de disparaitre en tant qu’âme, au delà de mon corps physique, j’ai rencontré la Vie, le vivant, sa puissance, l’instant éternel et immuable. Point de départ vers mon « oui » à la Vie…retour à la source du vivant, sa force qui coule en moi, ouverture à l’amour en moi…chemin de l’amour, chemin de conscience et de communion avec l’Un. Il se dégage alors le sens profond de ma vie, aimer et être au service de la conscience de qui nous sommes. C’est grâce à PRH que cela a été/est possible.
    Merci pour ce témoignage puissant et émouvant qui fait circuler la vie entre nous!
    Merveilleuse journée à chacun d’entre nous!

  7. Merci Anne pour ton partage, si vrai. Merci pour le courage que tu as de te montrer à découvert : quel encouragement à ne jamais rien lâcher !!
    Traverser la nuit, l’absence, l’absurde, le non espoir, la souffrance… perdre espoir…puis retrouver petit à petit la vie, revenir à la lumière… c’est parfois un quotidien.
    C’est vrai que PRH me permet de faire ces traversées, accompagnée, jamais seule. Les outils que sont l’expression graphique et l’analyse écrite participe aussi de ce lent cheminement.
    Merci Anne, merci à tous les formateurs/trices, merci à PRH.

  8. Un grand merci de ce blog qui me touche profondément. Je suis en pleine tempête et les blessures familiales que je vis aujourd’hui éveillent celles de mon enfance. Vais-je guérir un jour et pardonner? SB

    1. Bonjour à vous et merci pour votre intervention : combien je comprend votre questionnement… Pouvez-vous ne pas rester seule pour traverser cette tempête ? J’ai fait et je fais l’expérience que c’est dans une relation bienveillante avec la personne qui m’accompagne, que la Vie retrouve petit à petit son chemin en moi. Je souhaite que vous puissiez sentir la force de vie qui vous fait tenir : c’est elle qui vous conduira à bon port ! De tout coeur avec vous !

  9. Merci, Anne, pour ce partage fraternel dont la sincérité et l’humilité me touche profondément. Ce témoignage me rejoint à un moment où je suis coincé chez moi par une maladie infectieuse récidivante dans une période où je traverse le deuil d’une rupture amoureuse. Pourtant avec un corps affaibli et un coeur qui saigne, je ne suis pas effondré. D’où me vient cette solidité qui fait que je tiens bon?
    Il y a bientôt 30 ans, j’ai vécu une trahison qui a réveillé des blessures profondes d’une grande violence. Pendant plus d’un mois, j’ai traversé des montagnes russes passant par des moments de tension extrème avec des tremblements et une rage qui n’arrivait pas à sortir suivis par des effondrements où j’avais la sensation que la vie me quittait. Puis un jour, il y a eu la visite d’un voisin qui m’a présenté une lueur d’espoir à laquelle je me suis accroché. D’autres rencontres ont suivi qui m’ont conduit (je dirais plutôt fait échouer) dans une retraite silencieuse où je fus touché par la Grâce.
    Un Amour d’une très grande douceur enveloppa tout mon être. Mon corps s’est complètement détendu. Les larmes retenues se sont mises à couler toutes seules. Une paix profonde m’habitait.
    Je peux dire aujourd’hui qu’il y a un avant et un après cet évènement dans ma vie. Depuis les épreuves n’ont pas manqué, hélas, mais j’ai toujours su qu’un Amour me soutenait solidement même sans le ressentir, parce qu’un jour tout mon être et surtout mon corps en avait eu l’empreinte.
    Martin Steffens dans un « disputatio » avec Christophe André parle du cri présent dans chaque personne. Avec le recul, durant cette traversée si douloureuse que j’ai connu, mon cri, plus ou moins conscient, était: « Y-a-t-il quelqu’un qui m’aime? »
    La réponse que j’ai reçue neuf mois plus tard je la souhaite à tous mes frères et soeurs en humanité.
    Louis G.
    « Même si on voudrait être délivré du problème et que notre vie est loin de ressembler à celle dont on rêve, il y a toujours à chercher et à trouver une « issue de vie ». Simone Pacot
    « A travers la plus épaisse muraille du plus sombre cachot, l’étroite fente d’une meurtrière suffit pour attester du soleil. » Henri de Lubac

  10. Pourquoi pas, finalement, ne pas partager la racine-origine de mon, mes tsunamis, tant cette racine peut concerner un plus grands nombre de nos frères, qu’on ne le pense habituellement ?
    En effet l’intensité, la forme, la teneur des sensations qui se sont dites et continuent parfois de parler dans mes tsunamis, sont celles du drame imprimé et si immensément douloureux qui s’est vécu lors du départ de mon jumeau in-utero les premières semaines de ma conception…. »bien-heureux » déclencheur qui non seulement , par l’écoute de mes sensations, a pu éclairer le comment et le pourquoi de tant de violences mais qui a permis, en travail accompagné, de nombreuses traversées libératrices…et plus encore sans doute, permis de re-trouver cette « une » , unique que je suis, tissée du deux, tissée de la Beauté in-ouie de cette relation première d’Amour et d’Harmonie…goût d’un « paradis perdu » mais foi et émerveillement en la possible Beauté ….de la re-lation.

  11. Merci, Anne, pour cette ‘page ouverte’. J’ai traversé des tornades où j’ai cru mourir. Et je ne suis pas morte! J’en suis sortie fortifiée. Aujourd’hui, une nouvelle tornade arrive. La même impuissance me submerge, le même sentiment de mort, de néant, de rien. Car le néant, c’est encore quelque chose… Dans les plus profonds creux de cette nouvelle nuit, je m’accroche autant que je peux: si j’ai pu traverser une fois, deux fois, … pourquoi pas trois? et quatre? et autant de fois qu’il le faudra, autant de fois que la Vie grandissante en aura besoin pour grandir encore et encore en moi. Mais quel chemin! quelle énergie nécessaire. Et quelle chance, quel bonheur de pouvoir traverser parce que je ne suis pas seule. Parce que PRH me donne les outils qui me vont, parce que des relations vitalisantes sont là, discrètes mais solides. Et parce que l’Esprit de Vie, de Résurrection au-delà de moi ne m’a jamais abandonnée. J’ai besoin de revenir à ces moments fondateurs qui continuent de me porter et qui sont le solide de mon être.

  12. Je suis à genoux devant vos témoignages et je me sens rejointe dans une sensation intra utérine qui m’ a été donné de vivre lors d’une session PRH. Devant l’insoupçonnable mais en me laissant modelé par cet impérieux qui montait en moi j’ai pu revivre le tout début de ma vie quand je souhaitais mourir dans le corps de ma mère qui ne me désirait pas. Et c’est là aussi que je me suis sentie aimée par un amour indéfectible d’une douce puissance quand Marie est venue me chercher et m’accueillir en son sein. Son amour ne me quitte pas et m’a soutenu dans ma rupture d’équilibre comme dans les traversées douloureuses de ma vie. Aujourd’hui je peux dire avec certitude que la vie est première et qu’elle n’a de cesse de me livrer ses messages. Et aussi déroutants puissent-ils être, ses messages sont toujours pour plus de vie en moi, en chacun de nous… car ne sommes nous pas des témoins de la vie en nous ?

  13. Merci Anne pour ces mots partagés sur le blog. Merci à chacun pour les témoignages. Quelle rudesse et quelle beauté !
    Et voila les mots qui sont montés en moi… et que je me suis sentie appeler à partager aussi.
    Merci Anne d’avoir suscité cet échange !

    La souffrance est arrivée, broyeuse de la vie et de la joie.
    Ça supplie en moi qu’elle passe son chemin, alors que j’étais dans une période enfin positive. Mais, elle est déjà là.
    J’aimerais en « vieille sage » la laisser me traverser sans m’effondrer… mais elle a déjà ravagé ma maison, elle l’a vidé de sa lumière.
    Tout est terne maintenant. Mon cœur saigne de ce qui a été blessé.
    Je suis exsangue, vidée, laminée.
    Qu’est-ce que cet émondage est douloureux… corrosif.
    Je suis en deuil, avec son cortège d’émotions éprouvantes.
    Même si ce n’est pas le premier deuil, l’émotion arrive entière envahissante sans prévenir ; elle va dans tous les recoins de mon âme et emporte tout sur son passage.
    Tristesse et colère, vous êtes mes « copines » fidèles du moment.
    Vous avez des choses à me dire de la vie… de ma vie, de mes essentiels, du précieux en moi qui a été malmené.
    Vie précieuse et sacrée, je sens en moi le désir de t’honorer.
    Même si je suis par terre aujourd’hui, je sais que je vais progressivement me redresser.
    J’aimerais croire que cet émondage me taille comme un diamant pour le faire briller plus, mais je n’en sais rien. Aujourd’hui, je vois surtout ce qui est blessé et mutilé.
    Et en même temps, je sens aussi que ma vie, dans sa dimension précieuse et sacrée, prend du volume en moi.
    Oui, il y a qqch de puissant qui ne me lâche pas, que je ne braderai pas.
    Je sens avec plus de poids que « prendre soin de la vie » a une importance vitale en moi.
    Prendre soin de la vie, de cette flamme de vie, parfois puissante, parfois si fragile.
    Prendre soin de la vie en moi, de la vie qui est donnée, de la vie partagée, de la vie sous toutes ses formes…
    Prendre soin… et même honorer ce qui est précieux. Oui, oui, oui, honorer ce qui est précieux !
    Flamme de vie, je sens en moi de t’honorer, te célébrer.
    Tu as été très blessée récemment. Et j’ai besoin de me recroqueviller.
    Ce qui pleure en moi a encore besoin de consolation.
    Mais tu me portes, et je te porte en moi.
    Sous la souffrance qui broie, je m’effondre…
    Mais devant toi, flamme de vie, je m’incline avec respect.
    Je sais que cette traversée n’est pas finie (et n’est sûrement pas la dernière !) même si j’aimerais ne plus avoir à « subir » ça.
    Et je ne sais pas où cette traversée va m’emmener, mais une prière se bafouille en moi :
    Toi, petite flamme, Toi, la Vie, oui, j’ai en moi le désir de rester reliée à toi fidèlement.
    Je me sens responsable de prendre soin de Toi, petite flamme parfois fragile, de t’honorer…
    Affute mon oreille et mon cœur pour entendre tes messages avec tjs de plus de finesse et de justesse.
    Pardon pour les moments où je ne t’écoute pas assez parfois.
    Et aussi merci… Je me sens humble et pleine de gratitude devant ta puissance, ô, toi, la Vie !

  14. C’est très touchée par vos témoignages si bouleversants, si forts d’humanité. ..mais ô combien remplis d’Éspérance que je viens vous remercier…
    Oui « Cette petite Espérance de rien du tout.Cette petite Espérance immortelle… » comme nous le dit Charles Peguy, elle est bien là au plus profond de notre ETRE .Cette petite flamme fragile,notre phare,notre guide,comme nous avons à en prendre soin afin qu’elle reste allumée pour avancer plus ou moins debout …mais toujours avancer…Fidèle Amie que L’ESPÉRANCE. ..

    Merci Anne pour votre témoignage.

    Françoise

  15. La seule façon d’avancer dans le brouillard lorsqu’il est dense, c’est en effet l’accueillir, le ressentir au lieu de le combattre et de chercher à « Voir », là où, à ce moment-là, il n’y a rien à voir! prendre appui dans mes pieds qui me font toucher la terre ferme, m’ancrer dans ce réel tangible et perceptible , lui dire oui, me font marcher ou skier soudain….plus librement !
    Ors oui mes tsunamis font voler tous mes repères…mais il reste comme l’écrit Anne, le choix de me mettre en Vérité avec ce qui EST, mon réel d’aujourd’hui…qui paradoxalement, devient alors, peu à peu, « lumineux »….
    N’est-il pas écrit: « La Vérité nous rendra libre.. »?

  16. Un très grand merci à chacune et chacun de vous : vos mots me rejoignent, me touchent ; je vois la Vie à l’œuvre, je sens sa force. Continuons ensemble à affronter nos tempêtes, gardons le cap sur l’espérance ! MERCI

  17. Quelles richesses tous ces partages !!!

    Cela me fait avancer dans des questionnements.
    Je vous les partage :

    – puis-je repérer des éléments qui sont les déclencheurs ou les prémisses de mes lames de fond ?

    – et quand je tombe plus bas que bas, quand je suis dans le plus noir des noirs : c’est quoi ce noir ? ce Bas ? ce tréfonds ?

    – de quoi ai-je peur ? Qu’est-ce qui rumine, crie, se déchire en moi ?

    – est-ce que j’écoute ma souffrance ? Est-ce que je m’y complais ? Est-ce que je l’observe et la laisse passer comme un orage ?

    – est-ce que je peux observer ce qui me remets debout ? Ce qui me remet en vie ? Qui ? Quoi ? Quels lieux ? Quelles images ? Quelles odeurs ?

    – à qui puis-je parler de tout cela ? Dire mes larmes, mes silences, mes angoisses, mes insomnies, mes abandons, mes colères ?

    VG

    1. Merci Valérie pour ton questionnement riche qui te met déjà sur plein de pistes possibles de recherche ! Tout ce que tu nommes là peut se partager en entretien individuel avec ton accompagnateur-trice PRH, de même que tes larmes, silences, angoisses, abandons, colères… Nous pouvons aller au pas à pas, à tes côtés, t’aider à décoder ce que tu ressens, à entrer dans l’intelligence de tes sensations et à sentir comment avancer avec tout cela.

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