Apprend-on à être parent ? (1/3)

Voici la question passionnante pour laquelle nous avons écrit un article publié dans la revue Non-violence Actualité dans son numéro de mai-juin 2016. Pour le transcrire dans ce blog, nous l’avons découpé en trois parties qui seront publiées sur plusieurs semaines.

Comment conduire un enfant vers l’âge adulte du mieux possible ? Comment agir quand la situation devient difficile et que je suis renvoyé(e) à une sensation d’impuissance ? Comment m’y retrouver lorsque je vois que les méthodes efficaces avec un enfant ne marchent pas avec un autre ? Voici quelques repères pour être un parent « suffisamment bon »¹ et donner une éducation constructive.

Pour notre école de formation PRH, le but de l’éducation vise à aider ses enfants à déployer leurs propres capacités et à prendre leur place dans la société. C’est-à-dire à développer leurs potentialités, leurs qualités, leur personnalité propre, leur autonomie, et ainsi petit à petit trouver leur créneau d’action dans la société et contribuer pour leur part au bien commun.

Pour cela, il est bon de connaître les besoins psychologiques essentiels d’un enfant afin de l’accompagner au mieux dans sa croissance. Nous allons voir ici quelques uns de ces besoins spécifiques sur le plan psychologique. Ils sont valables pour tous nos enfants, quel que soit leur âge !

Tout d’abord, suis-je d’accord avec ce but de l’éducation ou bien est-ce que pour moi, éduquer un enfant c’est le rendre obéissant et sage, gentil et serviable ? Est-ce que c’est répondre à tous ses besoins et lui éviter les frustrations pour ne pas le mettre en colère ? Est-ce que c’est le guider dans une carrière toute tracée pour qu’il prenne la suite de mon activité professionnelle, ou bien encore suivre d’autres principes qui me conduisent ? Il est important de repérer les références qui m’influencent dans l’éducation afin de choisir celles que je garde et celles que je rejette. Pour ne pas reproduire sans réfléchir l’éducation que j’ai reçue, mais vérifier si la manière dont je m’y prends me parait juste, ou encore pour ne pas faire le contraire de ce que j’ai subi car alors je pourrais être désajusté(e) dans l’extrême opposé !

enfant 1S’il s’agit bien pour moi d’accompagner mon enfant dans son déploiement, je vais devoir affûter mon regard pour l’observer et déceler ses potentialités. Chez le tout petit, des traits de personnalité se manifestent déjà : un bébé peut être calme, observateur, souriant ; un autre peut être plus vif, tonique, explorateur. Lorsque l’enfant grandit, ses potentialités se manifestent sous forme d’envies, de goûts particuliers ; lorsque l’envie est récurrente, l’entendre et chercher quelles capacités de mon enfant veulent vivre à travers cela : Mariette passe son temps libre à grimper dans les arbres montrant ainsi son agilité, sa hardiesse, son sens de l’équilibre ; Gaspard « fait la classe » à son petit frère et développe des trésors de patience et de créativité pour capter son attention. Plus grand, les spécificités s’affirment et il est bon d’offrir à nos enfants une variété d’activités pour qu’ils découvrent leurs différents talents. Qu’ils puissent se tester dans divers domaines, puis à nous de repérer quelles capacités ils mettent en œuvre, quel plaisir ils en retirent et ce qui les rend heureux, quelle ténacité ils déploient. Il y a également à accompagner les moments de découragement, d’échecs, de balbutiements inévitables. Vérifier avec eux si les difficultés signent une limite incontournable dans le domaine concerné, ou bien sont seulement inhérentes à l’apprentissage : Chez l’un, malgré un accompagnement patient, les difficultés entraînent l’arrêt d’une pratique instrumentale, alors que chez l’autre, l’accompagnement permet de retrouver le plaisir de jouer et de surmonter l’obstacle. L’enjeu pour nous parent est de sortir de l’image que l’on se fait de son enfant pour le regarder dans ce qu’il nous montre de sa personnalité dans ses aspects positifs.

A très bientôt pour la suite des besoins de nos enfants au prochain épisode !

Anne Flatin, formatrice agréée PRH

¹en référence à D.W. Winnicot

Pour aller plus loin et notamment cultiver ce regard positif sur nos enfants, nous proposons le stage « aider mes enfants à grandir« .

2 réflexions sur « Apprend-on à être parent ? (1/3) »

  1. Apprendre à lâcher certains de nos principes, les il faut que, YAKA FOCON… un long apprentissage qui avec nos 3 superbes filles donnent 3 femmes bien différentes et bien dans leurs baskets. Qu’avons-nous fait de si particulier? Elles me disent « vous avez su être cool avec nous en nous donnant la parole, nous écoutant et en mettant un cadre.. » et pourtant je sais que nous en avons fait des bêtises d’éducation!!! Amitiés

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