L’accompagnement individuel

UN OUTIL CLEF POUR ACCELERER SON DEVELOPPEMENT

PERSONNEL ET PROFESSIONNEL

R e n c o n t r e  a v e c Muriel Mazet:

«L’accompagnement individuel, c’est un peu comme un laboratoire d’expériences où l’on apprend à dépasser ses peurs»

Lorsqu’une personne choisit de se faire accompagner individuellement par un professionnel, elle pénètre en un lieu sécure où elle pourra retrouver son «chez elle».

Pour Muriel Mazet, thérapeute rogerienne, le fil d’Ariane c’est l’empathie.

 Pourquoi se faire aider par un professionnel plutôt que par un ami ?

Muriel Mazet : Un proche est trop impliqué. La compréhension est là, mais l’écoute ne peut pas être neutre, car il y a trop d’interférences affectives. Un ami, un parent aura tendance à donner des conseils, en parlant un peu pour lui également

Pourquoi est-il si important que l’écoute soit neutre ?

Muriel Mazet. : La condition d’une écoute vraie, c’est que la personne se sente totalement reçue, quoi qu’elle ressente, non jugée et accueillie dans son entier. Le lieu existe pour ça, c’est un réceptacle, un contenant. Le fait qu’il offre un horaire précis, une personne qui ne se laisse pas bousculer par ce qui est dit, offre un cadre très sécurisant. Cela permet à la personne écoutée de retrouver ses propres limites intérieures, le calme et la sérénité

Quelles sont les places respectives de l’accompagnateur et de l’accompagné ?

Muriel Mazet. : L’approche rogérienne, centrée sur la personne, a comme base philosophique une croyance totale en l’être humain et en sa force de vie. Son but est que la personne retrouve sa pulsion de vie, ses capacités, sa confiance en elle : «Je vaux quelque chose». Dans cette approche, qui est la mienne, l’accompagnateur n’a pas un pouvoir sur l’écouté, mais il fait en sorte que l’écouté retrouve son propre pouvoir face à lui-même, son potentiel de vie. La démarche demande du courage de la part de l’accompagné. Quand on ose aller voir quelqu’un pour parler de soi, la partie est déjà gagnée pour une bonne moitié. L’accompagnement, ce sont deux êtres humains face à face. Si on se sent bien avec l’écoutant, on sera un bon écouté.

La qualité de présence de l’écoutant semble primordiale ?

Muriel Mazet. : C’est grâce au regard positif, non jugeant, acceptant du thérapeute (empathie) que la personne va porter sur elle-même un autre regard, redécouvrir une image d’elle-même plus réelle et plus positive. C’est très subtil l’empathie, comme un rayonnement… une écoute d’une telle profondeur que c’est comme si on était dans le monde intérieur de l’autre, tout en gardant le sien. Selon les mots de Carl Rogers, l’empathie signifie «que le thérapeute sent avec précision, finesse, les sentiments, sensations, significations dont le client est en train de faire l’expérience et qu’il est capable de lui refléter qu’il les sent». Seule l’empathie permet de se sentir compris et accepté, aimé tel qu’on est, sans condition. C’est ce que l’être humain recherche toute sa vie et qui est thérapeutique. Sans cette base essentielle, les différentes techniques ne servent à rien. L’empathie s’acquiert par un travail de tous les jours, comme un muscle qu’il ne faut pas laisser s’endormir.

Comment choisir son accompagnateur ?

Muriel Mazet. : Si on se sent mal à l’aise dès la première rencontre, ce n’est pas la peine d’insister. Si on hésite, on peut revenir plusieurs fois, mais pas trop, sinon on risque de se mettre en position de dépendance, en pensant «c’est peut-être moi qui ai tort, elle n’est peut-être pas si mal que ça». Il faut se faire confiance, surtout ne pas se dire : «lui sait, moi pas». Lorsqu’on ne se sent pas bien de personne à personne, il ne faut pas hésiter à chercher plus loin, à aller voir plusieurs thérapeutes, jusqu’à ce qu’on ait trouvé le bon. Le thérapeute doit laisser faire les choses au rythme de la personne. Pour moi, l’accompagnement, c’est aller pas à pas, côte à côte, à son rythme à elle, où qu’elle aille. Parfois, on a l’impression que ça piétine, mais il y a tout un travail souterrain qui se fait pendant ce temps, comme l’hiver dans la nature, et puis brusquement au printemps tout jaillit. Dans une époque où la notion d’efficacité, de rapidité technique prime, là, c’est la personne qui trouve son rythme, avec ce qu’elle est, les voies de son être, sans que personne ne le fasse à sa place. La thérapie doit l’aider à retrouver son «chez soi», et non l’amener ailleurs.

Propos recueillis par Marie-Christine Colinon

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Pour en savoir plus sur la spécificité de la relation d’aide PRH voir l’article de Michel Lamarche dans la rubrique « En formation »

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Muriel Mazet, psychologue clinicienne et psychothérapeute rogerienne, est l’auteur de :

« Des mots pour vivre : accompagner par l’écoute » éd. Desclée de Brouwer

des mots pour vivre

 

 

2 réflexions sur “ L’accompagnement individuel ”

  1. Témoignage :Retrouver son « chez soi ».

    Me faire  » accompagner  » ne coulait pas de source tant je fonctionnais avec mon moi -je volontaire , indépendant, n’ayant pas vraiment rencontré de l’empathie sur ma route,au point de vouloir avancer seule,tant ma confiance dans l’être humain était fébrile…
    Il est des rencontres qui vous font plonger dans de sombres réalités…
    et puis il y a « une rencontre  » le jour où j’ai osé dire  » j’ai besoin d’aide » quand « la retraite se profilait à l’horizon de mon chemin,où ce qui faisait ma force,ma réussite et surtout ce que je croyais étre mon « chez moi » allait disparaître et je ressentais le grand « vide  » qui allait m’habiter…
    Alors il est des rencontres qui vous aident à sortir de ces sombres réalités,puis vous aident à voir le beau de votre être , à entrer dans la confiance en vous et par ricochet à entrer dans une confiance plus solide envers l’humanité,pour réaliser qui vous êtes de manière harmonieuse , pour vivre vos rêves…C’est ce que je vis depuis quelques années avec mon accompagnatrice ,habitée par l’empathie, posant un regard confiant sur qui je suis…chemin harmonieux…

    et le neuf que je peux exprimer:

    me sentir enfin  » chez moi »!

    trouver  » mon chez moi »,c’est doux et agréable ,tant me « sentir chez moi nulle part était source d’un immense mal -être …

    Merci à mon accompagnatrice à qui je peux dire aujourd’hui :

    Je me sens « chez moi  » .Que c’est bon et apaisant!Quelle source de bien être! Quel moteur pour me propulser en avant et oser mes rêves encore bien nombreux!

    Françoise

  2. Quand je lis un article comme celui-là, j’aime , ensuite, relire l’article de Michel Lamarche sur la spécificité de la relation d’aide PRH.(rubrique « en formation »). Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est combien nous proposons la relation d’aide encore appelée accompagnement individuel, comme un élément de notre offre de formation, en complémentarité des stages qui composent l’ensemble de la formation PRH. combien, aussi,quelque soit la demande, nous allons aider la personne à se regarder peu à peu dans sa globalité. combien, enfin, nous proposons des outils concrets comme la préparation et le bilan d’entretien qui rendent peu à peu et à leur rythme les personnes actives dans leur avancée.combien , finalement, la relation d’aide s’adresse à toute personne qui a envie de changer.

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