Etre, ou pas être ?

Je ne sais pas pour vous. gens-positifMais quand j’ai commencé la formation PRH, l’affirmation du fond positif de la personne (ce qu’on appelle l’être) n’allait pas de soi. C’est même resté très longtemps une interrogation pour moi.

Pourquoi cela m’a-t-il été si difficile de croire en ce fond positif en l’être humain ? D’abord parce que j’ai beaucoup douté de cette réalité en moi : je manquais de confiance en moi, et j’étais en plus marqué par mon éducation : on devait donner la priorité à l’autre, on ne devait pas se vanter… Alors, j’ai eu du mal à consentir à regarder mes qualités en face : c’était pour moi de l’égocentrisme. De plus, mon comportement aussi me posait question. Beaucoup de peurs et de mouvements de repli sur moi m’empêchaient de croire en l’existence d’une réalité positive et centrale en moi.

Aujourd’hui, j’ai « changé de logiciel ». Je vérifie positif---negatifsuffisamment ma solidité d’être pour ne plus en  douter. Me connaître m’a permis de prendre confiance en moi et donc d’oser plus. J’observe aussi la fécondité étonnante de mes intuitions profondes. Je n’essaie plus d’aimer par devoir, en me tirant dessus, mais parce que j’accueille l’élan relationnel gratuit qui m’anime au plus profond de moi. Bref, mon expérience rejoint l’observation de PRH sur l’existence de ce fond positif en moi, et les bénéfices à vivre à partir de lui.

Avec le recul, je peux également dire que j’ai vu la solidité et la qualité de relations d’autres personnes utilisant la formation PRH, et c’est cela qui m’a motivé à utiliser cette formation. Et je suis témoin de la transformation qui s’opère progressivement chez ceux qui prennent ce chemin de leur être.

Alors pourquoi l’existence de l’être est-elle23_iva3u si peu connue ? Sans doute d’abord parce que ce n’est pas la vision de l’être humain la plus répandue, et que des croyances contraires se perpétuent : « l’homme est un loup pour l’homme » ; « l’homme est animé de pulsions égocentriques » ; « l’homme est fondamentalement pécheur, sa nature est mauvaise » ; « on ne peut faire confiance à personne » ; « être optimiste sur l’homme, c’est de l’angélisme »… Avec de telles conceptions de l’être humain, on n’a pas très envie de regarder au fond de soi !

Et bien des épisodes blessants viennent renforcer ce regard pessimiste sur la nature humaine. Je prendrai un seul exemple pour l’illustrer, entendu dans un restaurant d’entreprise, un midi, lors d’un repas entre collègues. Une jeune femme, apparemment sûre d’elle, relatait un événement marquant de son enfance. Alors qu’elle avait 4 ou 5 ans, son père l’avait placé au-dessus d’une armoire très haute, et l’avait encouragée à sauter dans ses bras. Et, comme elle s’était élancée, toute confiante, il s’était brutalement écarté. Alors qu’elle venait de07292674 tomber par terre, toute choquée et en larmes, il avait tendu un doigt accusateur vers elle et lui avait hurlé, cinglant : « que cela te serve de leçon : tu ne dois jamais faire confiance dans la vie ! » Et cette jeune femme de dire qu’elle avait retenu la leçon : on ne peut faire confiance à personne dans la vie !

De fait, quand on a subi de tels événements traumatisants, comment croire en un fond positif dans la personne humaine ? On est fondé à penser tout le contraire !

De plus, les richesses profondes de la personne ne peuvent grandir que si elles bénéficient d’un environnement humain favorable, fait de reconnaissance, de sécurité et de confiance. Quand cet entourage manque trop, la croissance a du mal à s’opérer. Pour ces personnes, les difficultés de l’existence confortent un regard pessimiste sur la nature humaine, sur soi et sur les autres.

Comment sortir de cet engrenage qui touche tellement de nos contemporains ? Je ne vois qu’une seule solution. Elle dépend de chacun d’entre nous. Il s’agit de prendre résolument, Capturepour soi-même, le chemin de son être, pour en vivre, et pouvoir ainsi porter sur les autres ce regard de foi et d’espérance qui va favoriser leur croissance, et donc un changement de croyance sur eux-mêmes, et sur l’être humain.

Régis Halgand, formateur agréé PRH

PS : PRH n’est heureusement pas la seule école à parler de l’être. Dans un prochain article, je citerai quelques auteurs contemporains qui évoquent cette réalité positive de la personne. On peut se reporter également à l’article de Thomas Wallenhorst : « Quelques convergences de recherche avec le système explicatif PRH ».

Pour aller plus loin avec PRH

La session « Qui suis-je ? » permet une exploration de cette réalité positive au cœur de soi. Pour ceux qui ont déjà fait plusieurs stages PRH, et qui souhaitent aller plus loin dans la connaissance de leur être, existe le stage  « Aller au bout de mon authenticité ».

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3 réflexions sur “ Etre, ou pas être ? ”

  1. Régis, ton article me touche profondément puisque je rentre de la session « Corps et croissance personnelle » et que je suis plus en conscience de combien j’ai encore peur d’approcher, d’être en contact avec mon être… Peur que la vie me joue encore un tour de plus, peur que ce que j’y découvre n’ai pas vrai…. J’ai besoin d’être rassurée que mon être profond est finalement intact, non attaqué par les nombreuses blessures et violences qui ont fait ma vie, de voir, de vérifier que dans les yeux de mon accompagnatrice, je suis ce que je perçois de mon être… Quel cadeau ! Blandine

  2. Merci; mon cheminement avec prh vers mon être ,un chemin infini de grandir en meilleur et profond et large connaissance de moi être humain, grandir en capacité d’agir à partir de ce lieu de vie , de croissance en moi , grandir en confiance à ce positive en moi, dans les autre , pour moi et pour les autre , choisir la vie intelligente qui s’ouvre sur ce profond de moi en moi, un monde de lumières, de couleurs , de formes qui dit finalement : je suis cet être unique et différent dans un ensemble pour un sens d’être tous simplement ce que je suis et ce pour quoi je suis faite, un apprentissage d’exister en liberté dans la vie qu’il m’était donné pour un sens d’être, la dans une simple et profond logique qui m’invite à suivre ces indices en moi, à gouter la joie de vivre moi, complétement moi, rien que moi,à m’émerveille l’autre et toute chose qui exprime la vie et son mouvement, son sens d’exister ,d’être, bon comme tous ce gout d’être soi comme porter la vie qui ne cesse de naitre, de croitre, comme évidence d’être dans son sens de nature, solidité et souplesse , une harmonie qui fait ce tableau et ce paysage ou je respire la bon vie. aujourd’hui j’y crois à cette création d’être bon, je m’ouvre, j’ai foi, j’espère au fond de moi à un avenir d’être humain.Merci pour cette vie de l’être.

  3. Bonjour, je redécouvre avec intérêt ce billet sur l’être.
    je suis aujourd’hui à la recherche de ce que je pourrai faire de ma vie. En effet, atteint d’une maladie rare qui me handicape pas mal, je doute de mes capacités tant physiques qu’intellectuelles et je suis probablement trop formaté par mes expériences passées et formations pour savoir qui je suis réellement, être capable de ressentir mes intuitions profondes et savoir comment coordonner tout cela dans un nouveau projet professionnel en adéquation avec mon être et mes envies. Pourriez vous me dire vers quelles personnes me tourner pour travailler ces thèmes sachant que je réside à Lille.
    Avec mes meilleures salutations

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