Mes « relations » à mon corps ont longtemps été très distantes. Il n’était qu’un instrument dont je prenais soin pour qu’il continue à fonctionner mais rien de plus. Puis, à mesure que je travaillais sur moi, écoutais ce qu’on en disait dans les stages, j’ai pris conscience qu’il était plus que cela, qu’il avait un langage que je n’avais pas appris à écouter.
Et j’ai commencé à être plus attentive, à essayer de comprendre. J’ai alors choisi de travailler sur cette instance et vraiment cela m’a ouvert un horizon que je ne soupçonnais pas. Il prenait enfin de plus en plus sa place, sa vraie place.
Au cours d’un groupe d’accompagnement, j’ai fait des découvertes qui ont dépassé ce que je pensais découvrir. Un exemple : J’ai enfin osé regarder et surtout reconnaître que je suis lente. Je SUIS LENTE. Cela semble banal comme découverte et pourtant ! A partir du moment où j’ai accepté cette réalité de moi, bien des choses ont changé. Je ne vis plus cela comme un défaut dont il faudrait que je me corrige en me tirant dessus et en m’épuisant. Je le vis comme une réalité de moi dont je tiens compte et, paradoxalement, je vais plus vite ! Avant, je me dépêchais pour être comme tout le monde et bien sûr je perdais un temps fou car je devenais maladroite et devais refaire les choses. Maintenant, je prévois. Je suis sortie d’une espèce de culpabilité qui me rongeait et me paralysait et je me vis sereinement lente. C’est bon pour moi et pour l’autre qui n’attend plus que je sois comme lui et qui, j’en prends conscience maintenant, ne s’impatientait pas vraiment devant ma lenteur. C’est moi qui voyais çà en cette personne, ce n’était pas la vérité !
J’ai changé aussi dans mes décisions. Je tiens plus compte de mon corps. Maintenant quand je dois faire quelque chose de difficile physiquement à la demande de quelqu’un, je ne le vis plus de la même façon. Je me pose et me demande si je peux le faire, comment je vais le vivre dans mon corps, quels sont les enjeux pour moi, au lieu de sentir le poids du besoin ou du désir de l’autre. Faire cela me permet d’entrer dans de la douceur vis-à-vis de moi-même et cela rejaillit autour de moi car je suis moins tendue, moins crispée. Et si j’accepte de faire ce qu’on me demande, la décision vient vraiment de moi et ma fatigue devient une fatigue « normale ». Ne s’y ajoutent plus la tension, l’énervement et l’impression que je me suis laissé avoir qui me rongeait et m’épuisait.
Même pour faire des choses qui me plaisent beaucoup, je suis plus attentive et je fais la part de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas. Je ne suis plus dans l’obligation de faire comme d’habitude, parce que j’ai toujours fait ça et que les gens s’y attendent. Je regarde si c’est vraiment bon pour moi. Et là aussi je rencontre une compréhension et une tranquillité chez les autres. J’ose presque dire un soulagement de me voir ne pas en « faire trop » et finalement de me sentir plus présente à eux.
J’accueille aussi mon corps dans ses bons fonctionnements : ces temps de promenade que je m’accorde et pendant lesquels je reçois par tout mon corps la nature, les odeurs, les couleurs, le silence… Cela rejoint la paix profonde que j’ai en moi et me fait me sentir entière. En prendre conscience est très vitalisant.
Depuis que j’écoute le langage de mon corps, je vois qu’il me ramène sans cesse à qui je suis, à qui je peux être. Je le vois maintenant comme un bon guide pour ma vie.
Marie-Hélène Poumeau de Lafforest, collaboratrice PRH



Merci Marie-Hélène pour ce beau témoignage sur la lenteur ! Il me touche et m’invite à marcher sur tes pas et vers une acceptation de mon propre rythme. Oui, le corps ne cesse de nous envoyer des messages, et, si nous en tenons compte, il peut nous guider à vivre plus d’authenticité. Une belle invitation pour ce week-end !
Merci Marie-Hélène. J’entends bien toute la reconquête assainie de ton corps. La femme que je suis, kiné à ses heures, dit oui ! Oui ! OUI !
merci de partager avec grande simplicité ce que vous décrivez si bien e qui vous rend plus présente à vous et aux autres
marlise Hurstel
Le corps ne dit jamais je suis lent: c’est une interprétation mentale.
Pour mon compte je préfére la sophrologie où je pratique l’écoute du corps et de ses parties, à ressentir les tensions , la fatigue et ou le bien être, la sérenité ,la detente , ce qui m’invite à respecter mon corps par des orientations précises et selon à rendre graces. Philippe
Merci.
J’ai besoin d’écrire… il me semble de ressentir mieux/mon corps/ce corps, si important/présence à moi-même/présence en ce corps/de chair, de veines//cœur, cerveau, poumons/toute una anatomie si parfaite/belle, prodige de l’ADN/cellules et encore, sang et veines …