Des regards qui en disent long…

L’actualité de ces derniers mois aurait de quoi nous faire porter un regard particulièrement pessimiste, voire désespéré sur le monde : en Iran, répression sanglante des manifestations d’un peuple qui tente de défendre ses droits au prix de sa vie ; femmes afghanes privées d’aller à l’école et à l’Université ; récit de vies sacrifiées sur les chantiers au Qatar pour la coupe du monde de football ; migrants qui continuent de traverser les mers au péril de leur vie ; dérèglement climatique …, en sont quelques illustrations. Cela me questionne sur le regard que je porte sur les évènements qui se passent autour de moi, de près ou de loin… Est-ce que j’accueille, est-ce que je me laisse toucher, interroger par ce que les médias apportent comme actualités tragiques ou bonnes ?

Personnellement, au-delà de ces drames humains qui me bouleversent, je me sens profondément touchée par la puissance de la vie qui pousse ces personnes à se battre pour leurs droits ! Je m’émerveille du courage, de la détermination de tant de combattant.e.s qui défendent leur dignité, leur liberté, ou la démocratie. Que tant de gens se lèvent au péril de leur vie nourrit ma foi en la force de la vie, ma foi en l’homme.

 Et dans mon quotidien , près de moi, est-ce que je  développe aussi un regard attentif à ce qui est plus discret, ce dont on ne parlera ni à la télévision, ni à la radio et qui nourrit mon espérance ?

Cette semaine,  une scène de vie m’arrête : deux jeunes filles ramènent bras-dessus, bras-dessous à l’accueil d’un foyer, une personne qui devait avoir au moins l’âge de leur grand-mère : elle semble « perdue », elle dit plein d’incohérences.

Je sens un temps d’arrêt face à ces jeunes filles qui entourent cette femme âgée ; je suis touchée par cette scène qui met en présence l’ancienne et la jeune génération, touchée par la prévenance, la délicatesse, l’attention, la bonté de ces jeunes filles.

Quelques minutes auparavant, elles riaient de bon cœur entre elles à table, révélant ainsi une certaine insouciance et une heureuse légèreté. Et pourtant, elles ne sont pas passées à côté de cette personne sans la voir.

Je suis émerveillée par la gratuité de cet instant : ces jeunes filles, se rendant disponibles et offrant le meilleur d’elles, relayées ensuite par l’hôtesse d’accueil de la maison entourant de douceur et de compassion la pensionnaire égarée.

Moi, je suis là, regardant ce qui se passe, juste témoin d’un amour qui circule dans cette maison. Je suis touchée par cet îlot d’humanité qui se vit sans exubérance, sans faire de bruit et pourtant tellement incarné. Je vis un arrêt contemplatif : une scène ordinaire, des gens ordinaires, une scène toute empreinte d’humanité dans ces instants de relation.

Il y a tant de moments dans notre vie quotidienne où nous pouvons être intérieurement saisis, étonnés, émerveillés…Nous arrêtons-nous à ces sensations qui résonnent en nous profondément et peuvent nous révéler quelque chose de nous-mêmes ?

Mettre des mots sur ce que nous ressentons, sur ce que nous contemplons : c’est ça l’analyse PRH ; un moyen pour rejoindre notre vie intérieure. Que ce soit pour une sensation dont le contenu est difficile, douloureux, ou au contraire ressenti positivement, comme dans ces moments de saisissement intérieur, d’émerveillement, nous disposons d’un outil pour aller à la rencontre de la vie en nous, qui est sans cesse en mouvement. Pour intégrer cet outil, nous vous proposons plusieurs stages

 Alors, chers amis blogueurs, rendons-nous attentifs à ces nombreux instants où notre regard s’émerveille, occasions de découvrir au plus profond de nous du neuf, de l’inconnu, de l’altérité.

Et devenons ce que nous contemplons !

                  Marie-Odile CROZAT , Formatrice agréée PRH

3 commentaires sur « Des regards qui en disent long… »

  1. Il y a beaucoup de gens qui vivent là solidarité et la fraternité sans que cela soit mis au grand jour. C’est l’espérance qui fait chaud au cœur et qui donne de croire malgré tout. Joyeux Noël. 🎁🎆🎄

  2. « devenons ce que nous contemplons », merci Marie Odile….
    Je regarde sa main, je la contemple émerveillée : transparente, claire comme la lune, ferme comme un soleil; elle touche délicatement le poignet de l’enfant en désarroi, elle prend soin d’elle. Mains de beauté qui aujourd’hui me font penser à celles de Marie de Nazareth et s. Joseph et puis à celles de ma mère et de mon père qui en moi, peuvent désormais rayonner lentement de lumière.

  3. Merci Marie-Odile pour cet article et Susanna pour le beau commentaire qu’io vous inspire.
    « Devenons ce que nous contemplons » : qu’elle belle invitation en effet ! Si simple et si puissante … renversante, pourrait on dire. Et pourtant …
    En lisant cet article, je pense aux cousines de mon fils que je regardais hier s’embrasser, se câliner simplement avec chaleur. Maintenant que la plus âgée à quitté le foyer parental et que la seconde commence à travailler, elle ne se voit plus autant et profite de ces moments de retrouvailles familiales pour exprimer leurs affection et le vivre dans ces gestes et leurs paroles authentiques. Cela me parle d’amour et d’harmonie. Être et incarner cette harmonie avec authenticité. Voilà comment ton article, Marie Odile, transforme mon regard sur ces jeunes filles en invitation à un plus être.
    Et puis, juste avant de le lire, je répondait à la news lettre d’une sonothérapeute pour la remercier de son message que je trouvais si inspirant et porteur de foi en l’humain et en la vie. Et oui, encore une fois, ton article, Marie Odile m’invite à voir que c’est bien cela que j’aspire à incarner : la foi en la Vie et en l’humain.
    Merci encore pour cette invitation transformatrice : « devenons ce que nous contemplons »…

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