Balade en novembre

Noël approche… pour ainsi dire est déjà là. Nos villes enguirlandées scintillent, alors que novembre n’a pas encore dit son dernier mot. Il le rugira bientôt lors du black friday.

Sournoisement la pression enfle…et la nausée.

Comment vous dire la lourdeur de mon pas dans la ville qui bruine ?

La lourdeur de mon cœur devant la surabondance en vitrine ?

Décembre…bientôt

Et fleurissent les calendriers de l’avent, ces drôles de calendriers qui célèbrent l’attente et le manque, la veille et la recherche, avec leurs 25 fenêtres qui orientent le regard.

Si nous nous prêtons au jeu…Sur quoi les ouvrirons-nous ?

Dans le coin de l’oreille, je vous le concède, plus que le tohu-bohu du pied du sapin, j’aime ce temps d’avent où l’occasion s’offre de tourner 25 fois notre regard vers le dedans de nous-même.

1 fois par jour, au moins, en décembre, je scruterai les frémissements de mon cœur, je guetterai le souffle intérieur…

Cette tradition de la religion chrétienne ouvre à bien plus large : scruter le dedans de soi pour y cueillir l’aurore d’un renouveau pour sa vie, l’intuition de changements et d’ajustements est finalement une démarche qui traverse beaucoup d’autres traditions. Comme si se tourner vers le dedans de soi était, depuis la nuit des temps, une invitation récurrente faite à l’homme : si tu veux être vraiment toi et être heureux, prends donc le temps de te tourner honnêtement vers toi-même !

Cette parole qui semble traverser le temps, notre pédagogie la relaye de plusieurs manières, notamment lorsque nous nous interrogeons sur nos limites :

Sont-elles constitutives de moi, liées intrinsèquement à qui je suis ? Que donc je les accueille et accepte simplement, comme autant de promesses de complémentarités avec d’autres.

Sont-elles liées à mon cheminement ? A mon histoire qui entrave encore mon plein déploiement ? Que donc je l’accepte et me mette au travail pour amorcer un changement.

Cette pédagogie des limites est une aubaine : elle peut nous entrainer plus loin dans une juste connaissance de nous-même et plus loin dans la rencontre de l’autre, pour une fécondité inédite.

Alors, en ce mois de décembre, je vous souhaite d’ouvrir vos fenêtres et de fréquenter joyeusement vos limites

Sylvie GROLLEAU, Formatrice agréée PRH

8 commentaires sur « Balade en novembre »

  1. Bonjour Sylvie,
    En te lisant, j’ai rêvé d’un calendrier de l’Avent spécial prh qui me proposerait pour chaque jour, une question/phrase de début d’analyse … Merci pour ton texte et pour ce qu’il éveille en chacun, bonne attente intériorisée

  2. …tourner 25 fois…non pas notre langue dans notre bouche avant de parler, non …notre regard vers le dedans de nous-mêmes ! Quelle bonne idée d’Avent !
    Merci !

  3. J’espérai une ballade en mer mais le mois de novembre m’invite à prêter au jeu …

    Acheter un calendrier ne m’offre pas plus de temps. Le fait de compter les jours n’augmentent pas mes jours. Le réel est là !

    Si chaque jour, je peux découvrir un Visage alors mes fenêtres s’ouvriront sur le temps qui passe. Dans mon calendrier, le dernier jour du mois de novembre est Saint André !

    Ce qui s’est passé dans un temps limité se déploie depuis 2000 ans grâce à une transmission vivante. Heureux, de découvrir tous ces visages dans nos calendriers qui rendent possible notre avènement.

    Merci Sylvie, pour ce parti de jeu !

  4. Merci pour cette belle idée et voilà que j’ai déjà commencé en écoutant ce soir dans une église des chants migratoires dans plusieurs langues

  5. Comme il est difficile de fréquenter « joyeusement » nos limites, nos pauvretés…et celles de l’autre ! Du moins dans un premier temps, car il s’agit bien de renoncer à nos attentes, sortir de ces cul-de sac où nos impuissances désespérées et victimes font leur lit !
    Renoncer au « toujours plus », au « toujours autre et autrement », renoncer à ce que la réalité soit telle que que je la rêve, la désire, la souhaite, l’attend jour après jour ??? Renoncer et accepter sans tomber dans le piège subtil et désespéré de la démission, piège de l’ombre du « à quoi bon », piège qui vient nourrir l’impasse déjà sans issue…
    A nouveau encore et encore, revenir une fois encore au seul Réel, le présent, c’est en effet s’ouvrir à la Joie « imprenable », tenter d’y demeurer….
    Ce matin, première heure de piano après 70 ans passés sans lui, me laisser habiter par ces notes , les noirs les blancs du clavier , le son, vibration continue du cœur profond, celui de Bach, vibration universelle qui me met en Vie, une manière d’entrer dans l’harmonie, d’en suivre le rythme, c’est un mouvement, c’est quelque chose qui « va », qui avance, qui respire, qui vient chercher la Vie, ma vie, qui relance….. un battement du cœur, de l’être, un battement du cœur profond, du cœur universel, une pulsation faite pour l’Eternité ……. l’Eternité et qui m’embrasse et me saisit, « présent » offert, et me re-lie et me ré-jouit….

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