Simone Veil, une vie

Cet été, j’ai été interpellée par l’hommage rendu à Simone Veil et par la décision de transférer sa dépouille au Panthéon, accompagnée de celle de son mari Antoine Veil. J’avais besoin d’en savoir plus sur cette femme, que je ne connaissais qu’à travers un visage à l’expression austère, une posture de femme d’état, et à travers son engagement pour la légalisation de l’IVG.

J’ai choisi de lire son autobiographie, qu’elle avait simplement intitulée « une vie ».

Je me suis sentie rejointe, par sa force d’engagement, par sa détermination, et aussi touchée par son courage, sa force de vie, et sa qualité d’expression à la fois authentique et pleine de pudeur.

A travers les photos et son récit, elle laisse apparaître une enfant espiègle, curieuse et tonique. Elle a bénéficié d’une famille aimante, qui a favorisé sa curiosité intellectuelle, et d’un environnement favorable à son épanouissement, dans le sud de la France dont elle savourait la douceur de vivre. Les photos montrent une petite fille pleine d’appétit, pétillante, pleine de sève.

Elle subit l’épreuve terrible de la déportation alors qu’elle n’avait pas 17 ans et venait de passer son bac. Elle en revint orpheline et marquée physiquement et psychologiquement, mais choisit de reprendre ses études très rapidement après son retour, rencontra son mari, devint mère, éleva ses enfants tout en continuant ses études, puis s’engagea dans un métier de magistrate et connut ensuite le destin politique qu’on lui connaît.

Quelle force de vie ! C’est cette force de vie qui m’invite à m’arrêter. Oui, il est probable que cette femme a bénéficié d’une énergie et d’une intelligence importantes, qui lui sont intrinsèques, ainsi qu’une forte aspiration à vouloir faire avancer les projets qui lui ont été confiés, dans un souci de cohérence, de réalisme et de recherche de justice. Ce sont certaines caractéristiques de son être.

Mais ce qui m’arrête aujourd’hui, c’est surtout cette formidable capacité à ne pas démissionner. Malgré cette épreuve qu’elle ne minimise pas, dont elle a ressenti l’indélébile horreur, c’est une force intime qui animait Simone Veil, et qui n’a pas été détruite.

Je salue ses parents, éducateurs, tout cet environnement qui a permis à cette personne de s’ancrer dans ses racines et de « pousser ses branches » comme un arbre solide, qui a porté beaucoup de fruits ; je salue la force de ce dynamisme vital, puissant, cette « sève de vie », qui a été accompagnée, respectée et encadrée aussi par son environnement familial. Je reconnais dans ses évocations d’enfance la profonde reconnaissance qu’elle manifeste à l’égard de ses parents, dans leur éducation et aussi dans les valeurs qu’elle leur voyait vivre, et dans lesquelles elle a trouvé le terreau pour s’enraciner, sans pour autant devenir la copie de son père ou de sa mère. Elle y a puisé les ressources et les forces pour vivre sa vie. Elle a pu construire jusqu’à l’âge de 16 ans un socle extrêmement solide. Elle ne s’est pas rétractée dans la souffrance pendant ni après Auschwitz. Cela m’enseigne sur l’importance de prendre soin des jeunes pousses que sont nos enfants. Nous ne pouvons pas leur épargner les épreuves. Nous pouvons les aider à identifier et développer les forces qui leur permettront de devenir eux-mêmes, et de donner ce qu’ils portent, sans pour autant anticiper leur destin, car personne ne peut prédire l’avenir. Et aussi, vivre en accord avec nos valeurs, pour leur donner le goût de se référer aux leurs. C’est cela, transmettre.

Simone Veil n’a pas exprimé de désir de revanche, son engagement pour l’Europe et sa proximité à l’Allemagne en témoignent, mais s’est au contraire investie dans une mission de service, avec une perception aiguisée des populations dont les difficultés sont passées sous silence. Elle s’est exprimée dans sa spécificité, dans sa liberté, dans sa force de conviction, et a réussi, avec son mari, à concilier les différentes facettes de sa vie d’épouse, de mère, et ses responsabilités professionnelles.

Je comprends que cette femme puisse représenter un symbole français par les événements qu’elle a traversés, et parce qu’elle a été l’une des premières femmes à prendre autant de responsabilités politiques, mais aujourd’hui, je veux d’abord saluer les attitudes humaines fondamentales qu’elle a vécues pour sa vie : Volonté, authenticité, détermination, écoute de ses intuitions, élan d’engagement, et humilité.

Si cela vous intéresse : Aller au bout de mon authenticité est un stage d’approfondissement pour identifier ses ressources essentielles.

Anne Tricault, formatrice agréée PRH

3 réflexions sur « Simone Veil, une vie »

  1. Merci Anne pour ce bel article qui me rejoint et le touche quand tu parles de la force de Vie qu elle a eu et le socle solide que l on peut apporter à nos enfants pour qu ils puissent affronter la vie.

  2. Merci pour ce partage.

    J’ai un petit cahier dans lequel je glisse photos et témoignages de vie
    de personnes qui me guident et me vivifient dans l’écoute des intuitions de vie. Simone Veil en fait partie.

    Chaque fois que je me sens « fragilisée » ou dans « le creux de la vague »,
    je prends ce cahier ; cela me fait souvent retrouver espérance et confiance en moi.

    VG

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