J’ai une joie profonde, dense de me déployer dans ma capacité relationnelle.
C’est l’un des fruits dans ma vie concrète auquel je goute depuis quelques mois. En démarrant mon parcours de formation PRH, je me définissais comme une solitaire, voyant les autres comme un danger potentiel ou bien vivant une forte suradaptation. Kalima, mon nom totem aux scouts -un papillon qui prend la couleur de l’endroit où il se pose – reflétait bien cela.
Mon expérience professionnelle m’a ouverte au travail en équipe et cela à un été un lieu de difficultés mais aussi de rééducation important de moi en relation. J’y ai appris, j’y ai donné, j’y ai beaucoup reçu.
Aujourd’hui ma capacité relationnelle m’ouvre à l’autre dans ce qu’il est, dans la possibilité de le recevoir sans rien ajouter ni prendre, de me réjouir de sa vie, même si, par moment, cela me demande de m’enfoncer plus loin dans mon travail de restauration
Plus profondément, rejoindre l’autre là où il est est l’attitude qui me semble la plus juste, la plus féconde. C’est un tel enjeu de vivre de la complémentarité, de laisser la place pour que l’autre puisse donner toute sa mesure, de sentir ce qui m’est spécifique et de laisser l’autre me compléter. Ce sont même les autres qui, parfois voient en moi des potentialités auxquelles je ne prêtais pas attention.
Ce qui grandit en moi, c’est ma capacité à regarder à la manière dont nous y invite André Rochais : un regard qui voit loin, un regard qui respecte et honore le mystère de l’autre et qui m’ouvre à moins juger, à moins rejeter, à moins mettre de distance.
J’ai le rêve que cette manière de regarder puisse se vivre plus largement, que les personnes puissent faire l’expérience de ce regard. Il en va de notre paix et de notre avenir.
Anne Melounou, formatrice agréée PRH


