Faire la paix en soi

« Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit» 

Ces mots d’Etty Hillesum trouvent en moi un écho particulier, alors que je viens de finir une formation, avec d’autres formateurs PRH, sur les transferts que nous pouvons vivre. L’occasion pour nous de repérer les réactions disproportionnées et répétitives qui viennent encore polluer nos vies et nos relations, et voir comment ne plus les subir.  

A PRH, nous apprenons à vivre en accord avec notre être, c’est-à-dire à partir de cette part de nous-même bonne, généreuse, créative et positive. Cela nous rend plus solides et libres. Mais c’est un long chemin, car nous demeurons souvent entravé.e.s par les blessures issues de notre histoire, parfois très lointaines. Si bien que, de façon subtile parfois, de façon massive d’autres fois, nous réagissons « de travers ».

Comment se fait-il que tel type de personnalité m’agace ? Ou telle sorte de comportements ? Pourquoi ai-je des peurs ou colères incontrôlées ? Pourquoi suis-je fermé.e ou insensible à telle situation qui devrait normalement me toucher ?

Se poser ces questions, ce n’est pas pour se culpabiliser ou être écrasé.e par le poids de nos dysfonctionnements. Nous proposons de travailler sur ces mécanismes en nous, car nous avons l’expérience que les regarder nous libère. On sort progressivement du fatalisme, de l’impression qu’on ne changera jamais, pour assumer peu à peu son histoire personnelle. On n’est pas responsable de son passé, mais on est responsable de ce qu’on en fait.

On passe de subir et être mené.e par ces dysfonctionnements, à devenir acteur, actrice de sa vie. C’est un magnifique chemin de libération progressive, un chemin de vie.

Faire la paix en soi ne suffit pas pour changer le monde, qui subit aussi le poids d’idéologies et de fonctionnements systémiques qu’il convient de faire évoluer par des actions sociales, politiques, intellectuelles, associatives, selon les priorités de chacun. Mais combien d’élans généreux et d’initiatives solidaires sont freinés ou stoppés par des difficultés relationnelles, des ambitions personnelles ou des inimitiés sensibles ? Un très grand nombre, malheureusement… Si bien que beaucoup de personnes qui, jeunes, avaient l’envie sincère de contribuer à un monde plus humain, se découragent et peuvent reproduire des fonctionnements collectifs qu’elles espéraient sincèrement faire évoluer.

C’est pour cela que nous sommes convaincus, à PRH, que faire la paix en soi, c’est avoir une contribution sociétale importante.

Nelson Mandela en était pleinement conscient, lui qui s’était adressé à la nation sud-africaine par ces mots, lors de la fin de l’apartheid : « Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres. »

Régis Halgand, formateur agréé PRH

PS : si vous souhaitez avancer vers plus de liberté et de paix intérieure dans vos relations, je vous recommande en particulier les stages « vivre mes relations avec lucidité » et « me dégager de mes déséquilibres en relation ».

Rendez-vous la semaine prochaine pour continuer à chercher ensemble comment construire la paix la où nous sommes.

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