« Choisis la vie, la vie t’aidera ». Cette petite phrase, comme une maxime, est le fruit de mes années d’accompagnement comme formatrice PRH, mais aussi celui de mon expérience personnelle.
Dans toute situation, il semble qu’il y ait un espace pour que la vie passe. J’écris cela avec une infinie précaution, car devant certains drames, il est parfois bien difficile de choisir la vie.
Qu’est-ce que cela signifie, choisir la vie ? Ce n’est évidemment pas se persuader que tout va bien et que les choses vont s’arranger. Ce n’est pas proclamer, comme Candide : « Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
Choisir la vie, c’est tout d’abord accueillir le réel. Accueillir la souffrance, la peine, les difficultés sans les nier, et sans nier non plus les émotions douloureuses qu’elles réveillent en nous. Nous pouvons être désespérés, découragés, nous sentir victimes d’une injustice et bouillir de colère. Oui, tout cela est réel. C’est là, il faut bien en faire quelque chose : nommer les émotions, leur donner le droit d’être là, les laisser s’exprimer sans les censurer.
Une fois que l’émotion est moins douloureuse (et cela peut durer un certain temps), comment réagir face une difficulté ? Pour moi, choisir la vie, c’est sortir de la passivité qui est la nôtre quand on subit une épreuve. C’est retrouver une capacité à agir, ou plus précisément, à être acteur devant ce qui nous arrive.
Être acteur, c’est accueillir l’épreuve. Accepter, Ce n’est pas se résigner. C’est quelque chose de très actif qui suppose tout un processus, un cheminement. Et c’est parfois long d’accepter ce qui nous paraît inacceptable. Pourtant, c’est arrivé, on ne peut pas changer le réel.
Être acteur, actrice, c’est ensuite se questionner. Quel est le sens de ce qui m’arrive ? J’ai entendu une femme dire « merci à son cancer », car sa maladie lui avait permis de changer en profondeur des choses dans sa vie.
Être acteur, actrice, c’est ensuite chercher comment vivre au mieux, avec le plus de justesse, cette épreuve. Au-delà de la souffrance ressentie, on peut écouter sa conscience profonde, on peut entendre des appels intérieurs, on peut poser des actes qui ont du sens et nous aident à tenir debout. J’ai traversé une période très difficile pendant laquelle je m’accrochais à chaque bonne nouvelle pour tenir le coup. Un rendez-vous avec un médecin, la visite d’une amie, l’intuition de me mettre en lien avec quelqu’un qui avait traversé la même difficulté et qui pourrait me partager son vécu. De jour en jour, ces petites choses mises bout à bout ont été comme une corde à laquelle je me suis accrochée pour ne pas tomber dans le précipice qui me tendait les bras.
Chercher à desserrer l’étau de la souffrance, retrouver de l’espace, une capacité de réflexion et d’action, chercher le sens… c’est cela, choisir la vie.
Marie-Pierre Noguès-Ledru, formatrice agréée PRH


