Insouciance

Je me hâte pour attraper mon métro gare du Nord, dans la foule pressée et blafarde du petit matin, et voilà que je croise une scène de vie familiale qui me ravigote : 

un jeune père, un peu hagard, poussant poussette, déjà bien fatigué par la vie, conduit des enfants à l’école.

Les enfants : 2 jeunes gamins d’à peine 8 ans, hilares, se racontant des histoires de gamins de 8 ans, les joues roses, dépenaillés à souhait. J’entends, c’est sûr, tinter les billes dans leurs poches. Parfaitement inconscients de l’immense lassitude paternelle et de la course effrénée des adultes autour d’eux, ils avancent d’un pas léger, dans une sorte de bulle d’insouciance. Depuis hier soir, ils ont mille secrets à se dire, autant d’histoires drôles à se raconter et des projets de bêtises pour des siècles.

Ils rient, simplement heureux d’être…

En voyant ces gamins, je me dis que l’enfance est l’enfance et qu’elle est toujours là, dans cette capacité de goûter la joie de l’existence. Alors, quelque chose frémit en moi.

Je finis par prendre mon métro, l’œil plus brillant, le cœur plus alerte et confiant. La chanson de Pierre Perret monte en moi : « Les enfants, foutez-leur la paix … ! »  Elle cède bientôt le pas à une comptine entêtante revenant de bien loin :

Jules est Hercule

Cyprien est musicien

Papa somnambule

Et moi je n’fais rien…. pom pom pom…

J’éclate de rire à cette bouffée d’enfance d’aujourd’hui, pleine de gratitude pour cette impromptue contagion de vie.  Je fais alors ce rêve, d’être moi aussi contagieuse de cette vie, même dans le métro qui fait gentiment son boulot de métro.

Allez, chers amis blogueurs, bonne journée !

Sylvie Grolleau, ancienne formatrice agréée PRH

Ce texte a déjà été publié dans le blog le 1er décembre 2013

9 commentaires sur « Insouciance »

  1. Merci pour cette bouffée d’oxygène. Elle est une invitation à retrouver l’esprit d’enfance – ce que je ’empresse de faire – pour faire front à la morosité qu’engendre de folie de notre époque.

    1. c’est bon que ce texte vous ait donné l’envie et la motivation de retrouver votre esprit d’enfance Anne. C’est qu’il ne devait pas être trop loin…

  2. ah oui, merveilleuse insouciance, je souris, je garde précieusement cette petite histoire, je vais la transmettre.

    13 ans plus tard, à 20 ans, j’aime penser que ces gamins sont toujours complices ! Et le papa un peu moins fatigué 🤗

  3. Dommage que le papa ne profite pas de cette belle insouciance…

    Que lui a t-il manqué ce matin là pour s’émerveiller de la complicité de ses enfants et s’en réjouir ?

    N’oublions pas de lever le nez de notre guidon …

    1. Bonne question Marie-Odile. Une question que nous pouvons chacun.e nous poser quand nous n’arrivons pas à accueillir la vie.

  4. J’apprécie cette rencontre avec cette jeunesse riante. Elle nous invite à ce que j’ai envie d’appeler la « désouciance », ce don de sortir de nos soucis pour nous rafraîchir, nous ré-jouir, nous ré-émerveiller devant tous les cadeaux de la vie. Gérard Langlois-Meurinne

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